Introduction
L’élection de Matthias n’est pas un simple épisode de transition dans l’histoire naissante de l’Église ; elle est la première mise en œuvre concrète d’un principe que saint Pierre explicite en citant le Psaume 109 : « Qu’un autre prenne sa charge» (Ac 1, 20). À travers cette formule, l’Apôtre affirme que le ministère laissé vacant par Judas ne peut disparaître sans compromettre l’intégrité du collège des Douze ; il doit être transmis. Or, ce geste inaugural fonde l’argument central de notre étude : si l’office apostolique se perpétue au-delà de la personne qui l’exerçait, c’est parce qu’il possède une dimension institutionnelle et sacramentelle appelée à survivre à ses premiers titulaires.
Ce texte se propose donc de démontrer, pas à pas, que la fonction d’évêque – ἐπισκοπή – est, dès Actes 1, conçue comme transmissible : ce qui vaut pour Matthias, élu pour restaurer la plénitude des Douze, devient le modèle de la succession apostolique qui s’étendra, par l’imposition des mains, à tous les siècles. En retraçant la lecture prophétique des Psaumes par Pierre, puis l’élaboration patristique de cette intuition, nous montrerons comment l’Église a toujours compris le verset « qu’un autre prenne sa charge » comme la garantie divine d’une continuité visible du sacerdoce épiscopal – lien vivant entre le Christ, ses Apôtres et les pasteurs qui, jusqu’à aujourd’hui, veillent sur son peuple.

1. Lecture prophétique et transmission apostolique
1.1. L’ancien testament, matrice prophétique de l’Église
Dès le IIᵉ siècle, les Pères interprètent l’Écriture comme un organisme unique dans lequel l’Ancien Testament « annonce en mystère » ce que le Nouveau « dévoile en pleine lumière ». Justin Martyr résume ainsi cette vision :
« Tout ce qui est écrit l’a été en vue du Christ et de son peuple nouveau. » 1
Le recours de Pierre aux Psaumes 68, 25 et 108, 8 en Actes 1, 20 illustre parfaitement cette herméneutique : deux imprécations adressées, dans leur contexte originel, aux ennemis du juste deviennent la clé prophétique de l’Église naissante.
Ainsi, quand Pierre brandit ces versets, il ne sélectionne pas des fragments isolés ; il accomplit la pédagogie divine qui change la plainte du juste en annonce de la destinée de Judas, figure de l’ennemi du Messie.
Le choix de Matthias se trouve donc déjà en germe dans la prière inspirée de David : l’épiscopat (la fonction) de l’infidèle doit être repris par un fidèle pour que l’édifice divin ne manque d’aucune pierre.
Enfin, Augustin condense cette dialectique en une formule devenue classique :
« Dans l’Ancien, le Nouveau est voilé ; dans le Nouveau, l’Ancien est dévoilé. » 2
Actes 1 illustre ce dévoilement : la malédiction adressée au traître devient, dans le dessein divin, bénédiction pour l’Église, qui voit son collège apostolique restauré comme figure eschatologique des douze tribus d’Israël.
L’Ancien Testament ne constitue donc pas un simple arrière-plan narratif : il est la matrice prophétique au sein de laquelle s’inscrit, de manière préfigurative, la dynamique de constitution ecclésiale opérée par l’Esprit à travers l’initiative de Pierre.
1.2 Le remplacement de Judas ouvre la voie à la succession de sa fonction
En s’appuyant sur la citation du Psaume 108, 8 selon la version de la Septante, Pierre qualifie la charge laissée vacante par Judas du terme grec : ἐπισκοπή (épiscopè), 3, indiquant par là que la fonction demeure, indépendamment de la défaillance de la personne qui l’occupait. Les Pères de l’Église interprètent cette dissociation entre l’individu et l’office comme une anticipation de la discipline ecclésiastique de la succession. Le remplacement de Judas permet ainsi de restaurer la plénitude symbolique du collège des Douze, tout en témoignant déjà de la dimension durable et transmissible du ministère épiscopal.
L’Apocalypse, rappelle :
« Et la muraille de la ville avait douze fondements, et sur eux les douze noms des douze apôtres de l’Agneau. » — Apocalypse 21, 14
La substitution de Judas par Matthias ne constitue pas un acte isolé ou circonstanciel ; elle s’inscrit dans la continuité de l’histoire du salut. Les Douze représentent les fondations de l’Église, selon une typologie spirituelle, mais sur ce fondement initial, d’autres pierres viennent s’ajouter — non pour le reconstruire, mais pour édifier progressivement l’édifice ecclésial.
Si l’élection de Matthias ne définit pas encore la succession épiscopale dans sa forme canonique, elle en esquisse néanmoins les principes fondamentaux. Elle souligne que la fonction apostolique transcende les défaillances individuelles et qu’il revient à l’Église, pour demeurer l’Israël accompli, d’en assurer la continuité historique et sacramentelle. Dès lors, le récit d’Actes 1 est reçu par la tradition patristique comme la première manifestation, encore embryonnaire, du principe de succession apostolique.
1.3. Celui qu’on appelait « Pas-mon-peuple », je l’appellerai « Mon-peuple » (Rm 9, 25)
En s’appuyant sur le contexte 4 de l’oracle prophétique « Qu’un autre prenne sa charge » (Ps 109, 8, cité en Ac 1, 20), Pierre interprète la destitution de Judas comme un signe annonciateur du destin eschatologique d’Israël : de même que le ministère du traître est transféré à un autre, de même l’héritage de l’Alliance, refusé par ceux qui n’ont pas reconnu leur Messie, s’ouvre désormais aux nations, selon la lecture développée en Rm 9–11.
Rupert de Deutz, dans une lecture typologique, souligne que Pierre opère une jonction entre deux textes scripturaires — le singulier du Psaume 109, 8 et le pluriel du Psaume 69, 26 — pour élargir le champ d’interprétation : du cas personnel de Judas, il passe à la condamnation collective des « guides de ceux qui arrêtèrent Jésus ». Il en résulte une double sanction : d’un côté, l’office apostolique de Judas est confié à un successeur ; de l’autre, l’« habitation » sacerdotale d’Israël devient déserte. C’est alors le « second peuple », c’est-à-dire les nations, qui est appelé à recevoir le véritable et éternel sacerdoce. 5.
2. De l’exigence oculaire à la transmission sacramentelle
2.1 Une exigence circonstanciée, non normative
Lors de l’élection de Matthias, saint Pierre énonce une condition stricte :
« Il faut donc que, parmi ceux qui nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu parmi nous, […] l’un d’eux devienne, avec nous, témoin de sa résurrection. » (Actes 1, 21–22)
Le critère énoncé en Actes 1 — avoir accompagné Jésus « depuis le baptême de Jean jusqu’au jour de son Ascension » — n’apparaît qu’une seule fois dans l’ensemble du Nouveau Testament. Il ne s’applique ni à Paul, ni aux évêques et presbytres institués ultérieurement par les apôtres, ni aux figures marquantes telles que Timothée, Tite, Apollos, Marc ou Luc. Il s’agit donc d’une exigence exceptionnelle, circonscrite à ce moment inaugural, visant à restaurer la plénitude visible du collège apostolique des Douze.
Cette exigence revêt un caractère typologique : elle concerne non pas les ministères futurs, mais la configuration fondatrice du témoignage apostolique. Elle renvoie à la dimension symbolique du fondement ecclésial, tel qu’évoqué en Apocalypse 21, 14, où les Douze Apôtres apparaissent comme les pierres de fondation de la Jérusalem céleste.

2.2 Le témoignage devient sacramentel : l’imposition des mains
Après la Pentecôte, l’Église ne recherche plus des témoins oculaires de la vie terrestre du Christ. L’autorité apostolique et épiscopale se transmet désormais par un geste liturgique : l’imposition des mains,, signe sacramentel par lequel le Christ, agissant dans l’Esprit, institue ses ministres.
Dès lors, l’épiscopat n’est plus conféré en vertu d’un témoignage historique direct, mais par la médiation sacramentelle de l’Ordre, qui assure la continuité visible et efficace de la mission apostolique dans l’Église.
« Ils les présentèrent aux apôtres ; après avoir prié, ils leur imposèrent les mains. » (Ac 6, 6 ; cf. 13, 3 ; 1 Tm 4, 14 ; 2 Tm 1, 6)
Ce passage n’introduit aucune rupture ; il déploie au contraire, dans la communion ecclésiale, la mission que les Douze recevaient par appel direct.
Irénée de Lyon explique que c’est cette chaîne liturgique qui garde l’Église dans la vérité :
« C’est pourquoi il faut écouter les presbytres qui sont dans l’Église : ils sont les successeurs des apôtres, ainsi que nous l’avons montré, et, avec la succession dans l’épiscopat, ils ont reçu le sûr charisme de la vérité selon le bon plaisir du Père. Quant à tous les autres, qui se séparent de la succession originelle, quelle que soit la façon dont ils tiennent leurs conventicules, il faut les regarder comme suspects : ce sont des hérétiques à l’esprit faussé, ou des schismatiques pleins d’orgueil et de suffisance, ou encore des hypocrites n’agissant que pour le lucre et la vaine gloire. » 6
3. La supposée réforme consciente de l’impossibilité d’une succession
3.1 L’enracinement apostolique : une revendication que les supposés réformateurs eux-mêmes ont reconnue
Au XVIᵉ siècle, les chefs de la supposée réforme rompent avec Rome mais savent que, depuis l’antiquité, la succession épiscopale constitue l’étalon public de l’Église. Ils dépêchent donc des délégués à Constantinople ou Antioche pour solliciter soit une ré-ordination, soit la reconnaissance de leurs ministères. Cette démarche atteste qu’ils admettent, au moins implicitement, la nécessité d’un lien visible et ininterrompu avec les Apôtres.
Or la règle patristique pesait lourd. Dès le IIᵉ siècle, Tertullien avait posé la question décisive :
« D’ailleurs, si quelques-unes osent se rattacher à l’âge apostolique pour paraître transmises par les apôtres, sous prétexte qu’elles existaient à l’époque des apôtres, nous sommes en droit de leur dire : « Montrez l’origine de vos Églises ; déroulez la série de vos évêques se succédant depuis l’origine, de telle manière que le premier évêque ait eu comme garant et prédécesseur l’un des apôtres ou l’un des hommes apostoliques restés jusqu’au bout en communion avec les apôtres.» 7
En clair : l’orthodoxie ne se juge pas seulement à la justesse doctrinale ; elle se vérifie dans la continuité liturgique et apostolique.
3.2. Doctrine, sacrement et communion : un triptyque indivisible
La tradition ancienne refuse de réduire la succession à une mécanique d’ordination. Cyprien le proclame sans détour :
« L’Église est dans l’évêque et l’évêque est dans l’Église ; et si quelqu’un n’est pas avec l’évêque, il n’est pas dans l’Église. » 8
Ainsi, trois réalités demeurent inséparables : la doctrine transmise sans altération, le sacrement de l’Ordre qui communique réellement l’Esprit par l’imposition des mains, et la communion effective de l’évêque avec le collège de ses pairs. Supprimez l’un de ces éléments, et l’édifice ecclésial s’effondre. C’est précisément ce qui conduit catholiques et orthodoxes à juger irréguliers les ministères issus de la supposée réforme : rupture doctrinale sur certains points, défaut de lien hiérarchique continu, impossibilité dès lors de « valider » canoniquement l’ordination.
Vincent de Lérins résume, un millénaire avant la crise, le critère qui permet de constater cette continuité :
«Tenons pour vrai ce qui a été cru partout, toujours et par tous. » 9
La chaîne sacramentelle rend, en effet, le « partout » et le « toujours » vérifiables.
3.3. Le refus oriental : la Tradition en acte
Entre 1575 et 1583, les négociations anglicanes et luthériennes auprès des patriarches d’Orient aboutissent invariablement à un refus : ni ré-ordination ni reconnaissance tant que la communion de foi et d’obédience n’est pas rétablie. Les Orientaux invoquent explicitement la tradition d’Ignace, d’Irénée et de Cyprien : l’épiscopat n’est pas un geste solitaire, mais la manifestation d’une communion concrète. Irénée l’avait anticipé :
« Mais puisque il serait trop long d’énumérer les successions de toutes les Églises, nous prendrons celle de la plus grande, de la plus ancienne et de la plus connue de tous, fondée et établie à Rome par les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul ; en effet, nous avons la tradition de cette Église, et la foi qui y est prêchée nous est transmise par la succession des évêques jusqu’à nous. C’est à cause de son éminente autorité que toute Église – c’est-à-dire les fidèles de partout – doit nécessairement s’accorder avec cette Église, car en elle, la tradition apostolique a toujours été conservée par les fidèles de toutes parts. » 10
La crise du XVIᵉ siècle ne fit que confirmer, dans les faits, la valeur normative d’un principe déjà ancien.
La raisons du refus orthodoxe dans les grandes lignes :
| Catégorie | Raisons principales |
|---|---|
| Doctrinale | Sola fide, rejet des sacrements, Filioque, refus des saints et des images |
| Ecclésiologique | Rupture avec la Tradition sacramentelle et vivante ; individualisme doctrinal |
| Politique et culturelle | Contexte ottoman, rejet d’une alliance étrangère, refus d’un nouveau schisme |
3.4. La succession : sacrement permanent de l’unité visible
La question est donc moins juridique que sacramentelle. Pour les Pères, l’évêque n’est pas seulement le gardien de l’enseignement ; il est le lieu où la koinônia devient perceptible. Ignace d’Antioche cristallise cette conviction :
« Là où paraît l’évêque, là se trouve la multitude ; de même, là où est Jésus Christ, là est l’Église catholique. » 11
Une supposée réforme ecclésiale qui resterait extérieure à cette structure hiérarchique ne peut prétendre à la plénitude de l’apostolicité telle que la tradition l’entend.
En définitive, l’histoire du XVIᵉ siècle confirme par la négative la leçon constante d’Irénée, Tertullien, Cyprien et Ignace : la succession apostolique forme un faisceau indivisible de fidélité doctrinale, de transmission sacramentelle et de communion collégiale. Là où l’un de ces fils se rompt, le tissu ecclésial se déchire. C’est pourquoi, sans ré-ordination et sans réconciliation doctrinale, les Églises issues de la supposée réforme n’ont pas été reconnues par les communions restées dans la succession. Et c’est bien pourquoi Actes 1 , 20 — relu à la lumière des Pères — demeure la pierre de touche : la fonction apostolique doit être inlassablement transmise pour que l’Église reste le signe visible du Christ vivant.
Pour aller plus loin :
3.5 La parabole des vignerons homicides: Un éclairage contemporain de Clément Grelet
Pour approfondir davantage, je vous recommande l’excellent ouvrage de Clément Grelet, qui s’inscrit en parfaite complémentarité avec ces études sur l’attachement à l’apostolicité.
4. La structure apostolique selon les Pères
Ignace d’Antioche ouvre la perspective au début du IIᵉ siècle :
« Sans l’évêque, il n’est permis ni de baptiser ni de tenir l’agapè ; et tout ce qu’il approuve est aussi agréable à Dieu. » 12
Cette formule place d’emblée l’évêque au centre de la communion visible. Un siècle plus tard, Irénée de Lyon donne à cette intuition sa base historique « Par la succession régulière des évêques, l’enseignement apostolique nous est parvenu dans son entier ; aussi quiconque se soustrait à cette succession se coupe lui-même de la vérité. »
« Ayez donc soin de ne participer qu’à une seule Eucharistie. Il n’y a en effet qu’une seule chair de notre Seigneur, une seule coupe pour nous unir dans son sang, un seul autel, comme il n’y a qu’un seul évêque, entouré du presbyterium et des diacres, les associés de mon ministère. » 13
« Un seul évêque, entouré du presbyterium et des diacres » : Formule classique d’Ignace (Smyrn 8, 1-2 ; Trall. 2-3). Elle institue la triade hiérarchique déjà attestée dans 1 Cl 44, 2 : évêque / presbytres / diacres.
La Première lettre de Clément, rédigée vers 96, montre déjà que cette continuité avait été prévue :
« Ayant donc institué les ministres mentionnés, les Apôtres établirent ensuite cette règle : qu’à leur mort d’autres hommes éprouvés leur succéderaient dans leurs fonctions. » 14
Enfin, au IVᵉ siècle, Jérôme explicite la portée sacramentelle de l’épiscopat :
« Ce que fait le prêtre, l’évêque le peut ; mais ce que fait l’évêque, le prêtre ne le peut : ordonner, transmettre l’Esprit. » 15
Ainsi se dessine une même ligne de force : l’évêque, successeur des Apôtres, garantit la vérité reçue, transmet l’Esprit par l’ordination, préside à l’eucharistie et concentre autour de lui la communion des fidèles – réalisant dans le temps la promesse du Christ :
« Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20).
Pour aller plus loin avec saint Jérôme :
- Dialogue avec Tryphon LXXXVI ↩︎
- Quaestiones in Heptateuchum II, 73 ↩︎
- Le terme grec ancien ἐπισκοπή signifie littéralement « surveillance » ou « inspection ». Dans un contexte religieux, notamment dans le Nouveau Testament, il désigne la fonction de supervision exercée par un ἐπίσκοπος (évêque), c’est-à-dire une autorité chargée de veiller sur une communauté. ↩︎
- cf. Ac 12, 16 ↩︎
- Rupert de Deutz, Œuvres du Saint-Esprit, IV, 1 ↩︎
- Adv. haer. IV 26, 2 ↩︎
- De praescriptione haereticorum 32. SC 46 p.130 ↩︎
- Cyprien, De unitate Ecclesiae 5 ↩︎
- Commonitorium 2, 6 ↩︎
- Adversus haereses III 3, 1 ↩︎
- Lettre aux Smyrniotes 8, 2 ↩︎
- Idem. ↩︎
- Ibid. Philadelphiens. 4 ↩︎
- 1 Clément 44, 2 ↩︎
- Lettre 146, 1 ↩︎
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Il aurait été intéressant de citer Saint Jean Chrysostome disant que Saint Pierre aurait pu élire à lui seul le nouvel apôtre mais ne l’a pas fait par humilité.
« ”il faut qu’on en choisisse un qui soit avec nous témoin de sa résurrection” Eh ! Pourquoi ce choix était-il nécessaire? Afin que le collège apostolique fût complet. Mais est-ce que Pierre ne pouvait pas choisir lui-même? Sans doute, il le pouvait, et il s’en abstint par humilité. D’ailleurs il n’avait pas encore reçu l’Esprit-Saint. »
-Homélie III sur les actes des apôtres, §2
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Merci beaucoup pour ce complément éclairant !
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