Cet article examine la prophétie de Siméon (Lc 2,35) à travers la confrontation d’Origène, de saint Augustin et de saint Thomas d’Aquin. Il montre que si Origène inclut Marie dans le « tous ont péché » (Rm 3,23), cette affirmation s’inscrit dans une anthropologie de la préexistence des âmes, ultérieurement rejetée. L’article de Maxime Georgel mobilise ce passage dans une perspective maculiste en le détachant de ce cadre doctrinal. La présente étude démontre que cette lecture repose sur une transposition anachronique : elle mélange des systèmes incompatibles et ignore la rupture augustinienne ainsi que la clarification thomasienne, qui rendent l’argument inopérant.
