Apologétique·Histoire de l'Eglise·Immaculée Conception·Mariologie·Patristique·Protestantisme

Saint Augustin et l’Immaculée Conception : Analyse de la Controverse avec Julien d’Éclane selon Mgr Malou (Deuxième partie)

Préambule

Pourquoi Mgr Malou ?

Mgr Jean-Baptiste Malou entretint avec le pape Pie IX un lien à la fois doctrinal, ecclésial et personnel, forgé dans le contexte très précis de la préparation du dogme de l’Immaculée Conception. Dès la consultation épiscopale lancée par Ubi primum (1849), Malou se distingue par la qualité exceptionnelle de sa réponse, qui dépasse le simple avis pastoral pour offrir une véritable synthèse théologique, patristique et historique. Pie IX, soucieux d’ancrer la définition dogmatique dans la tradition vivante de l’Église, trouve en l’évêque de Bruges un interlocuteur sûr, capable d’articuler fidélité à saint Augustin, lecture critique des controverses médiévales et reconnaissance du sensus fidei. Les écrits de Malou sont alors intégrés aux travaux préparatoires romains et comptent parmi les références mobilisées dans l’élaboration d’Ineffabilis Deus. Sa présence à Rome lors de la proclamation solennelle du 8 décembre 1854 scelle cette proximité : Malou apparaît comme l’un de ces évêques-théologiens dont Pie IX s’est appuyé pour que la définition du dogme ne soit ni un geste isolé du pontife, ni une innovation doctrinale, mais l’acte mûri d’un Magistère à l’écoute de la Tradition de l’Église tout entière.

Jean-Baptiste Malou Prélat d’honneur de Sa Sainteté
à partir du 29 novembre 1854

Construction du dogme et contexte académique

Bien que l’idée d’une exemption de Marie du péché originel chez saint Augustin ne fasse pas l’unanimité parmi les spécialistes, le texte de Mgr Malou apporte néanmoins un éclairage significatif. Même des auteurs favorables à une lecture « maculiste » d’Augustin reconnaissent que la pensée du docteur africain demeure marquée par une certaine imprécision, voire par un caractère inachevé. Saint Augustin se trouvait en effet dans l’impossibilité de formuler explicitement la doctrine de l’Immaculée Conception, en raison de sa conception du péché originel et de son mode de transmission, qui sont restés pour lui des objets de recherche permanente, malgré une inclination notable vers la théorie traducianiste 1.

I. Présentation de la thèse centrale de Mgr Malou

1. Une thèse forte : Augustin reconnaît l’exemption mariale dès l’origine

Dans cette section de L’Immaculée Conception, Mgr Malou expose une thèse claire et audacieuse : saint Augustin reconnaît en Marie une exemption radicale de la loi du péché originel, ce qui anticipe directement le futur dogme de 1854. Cette intuition n’est pas chez lui un développement secondaire ou une dévotion spontanée ; elle surgit au cœur même d’un débat doctrinal majeur, la controverse pélagienne.

Au début du passage, Malou met en scène l’accusation lancée par Julien d’Éclane. Ce dernier, pour discréditer Augustin, ose dire que sa doctrine ferait de Marie une personne livrée au démon dès sa naissance 2. Malou cite la formule avec une exactitude dramatique :

« Manichée, il est vrai, détruit la Virginité de Marie par la condition de l’enfantement ; mais vous, vous placez Marie elle-même sous le pouvoir du démon par la condition de la naissance. » 3

Ce reproche est volontairement extrême 4. Il cherche à entraîner Augustin dans un piège logique : Si le péché originel est universel, Marie doit en faire partie ; et si elle en fait partie, alors Augustin détruit la foi des chrétiens en la sainteté de la Mère du Christ.

L’objectif consiste à montrer comment Malou interprète la réponse d’Augustin à cette attaque, et comment cette réponse devient le pivot de toute la démonstration doctrinale.


2. La réponse d’Augustin comme fondement du privilège marial

Saint Augustin ne laisse aucun doute sur sa position. Il répond avec une netteté remarquable :

« Non transcribimus diabolo Mariam conditione nascendi ; sed ideo quia ipsa conditio solvitur gratia renascendi. » :

« Nous ne livrons pas Marie au diable à cause de la condition de sa naissance ; mais précisément parce que cette condition est annulée par la grâce de la renaissance. » 5

Cette phrase constitue pour Malou une véritable charte théologique. Le sens immédiat est limpide : Augustin refuse catégoriquement de placer Marie sous l’empire du démon, et explique que si elle en est exempte, c’est parce que la grâce a dissous pour elle la loi commune de la naissance.

Autrement dit, Marie ne fait pas seulement l’objet d’une sainteté particulière ; elle échappe à la « condition de la naissance », expression que Malou interprète comme synonyme de la loi universelle du péché originel. C’est exactement ce qu’il écrit :

« La grâce a suspendu la loi commune pour Marie, que la grâce l’a préservée de la tache originelle. » 6

La thèse est ici formulée sans détour : Augustin affirme un privilège de préservation.

  • Pas une purification ultérieure.
  • Pas une exception morale.

Une exception ontologique, fondée sur la grâce prévenante.

Dans le cadre de ce premier point, notre tâche consiste à exposer cette thèse de manière structurée tout en mettant en évidence la cohérence interne du raisonnement de Malou.


3. Une lecture contextualisée : l’exemption mariale comme vérité reçue

Pour Malou, il est capital de noter que Julien ne conteste jamais l’exemption de Marie. Au contraire, il la présuppose. Il suppose qu’il est « révoltant » pour un chrétien d’imaginer Marie un seul instant sous le pouvoir du péché. Et Malou insiste :

« Julien d’Éclane avait accusé saint Augustin de soumettre Marie au démon dès son origine… Saint Augustin nie formellement que telle soit sa pensée. » 7

Ce point est crucial dans le développement de la thèse. Si même les adversaires d’Augustin reconnaissent l’innocence originelle de Marie comme vérité reçue, alors Augustin ne peut pas être compris comme enseignant un modèle de grâce dans lequel Marie serait touchée par le péché originel.

Malou présente cette dimension comme un indice puissant de l’antiquité de la croyance :

« Pélage et Julien ont parlé de l’origine Immaculée de Marie comme d’une vérité généralement admise, et reconnue incontestable parmi les chrétiens. » 8

En développant ce premier point, il apparaît que l’objectif principal de Malou est de faire comprendre que la réponse d’Augustin n’est pas un geste isolé, mais l’expression d’une conviction partagée dans l’Église de son temps.


4. Conclusion

Ce premier point consiste donc à montrer que Mgr Malou lit dans la réponse d’Augustin à Julien un témoignage doctrinal explicite de la préservation de Marie. La phrase :

« ipsa conditio solvitur » : « Cette même condition est annulée » (littéralement : « la condition elle-même est dissoute »)

Devient, sous la plume de Malou, le noyau théologique de l’Immaculée Conception.

L’objectif de ce compte rendu est de rendre manifeste cette thèse : Augustin n’a jamais envisagé Marie comme touchée par le péché originel ; au contraire, il affirme que la loi commune ne s’applique pas à elle, et il fonde cette exemption sur la grâce, non sur la nature.

C’est la structure exacte du futur dogme. Une conviction théologique robuste, qui éclaire son histoire.

II. Un contexte doctrinal déterminant : la controverse pélagienne comme clé de lecture

1. La scène théologique : Augustin face à une hérésie qui nie la nécessité de la grâce

Pour comprendre la portée de la réponse d’Augustin, Malou insiste sur un point essentiel : la phrase décisive d’Augustin ne peut être comprise qu’à la lumière de la controverse pélagienne. Cette dispute n’est pas une querelle secondaire ; elle touche au cœur de l’anthropologie chrétienne, à savoir la nature déchue de l’homme et sa dépendance radicale à la grâce.

Pélage, en niant la transmission du péché originel, voulait maintenir une vision optimiste de la nature humaine. Son disciple Julien d’Éclane, plus incisif encore, applique cette vision au cas de Marie. Il entend démontrer que la doctrine d’Augustin mène à une conclusion impie : faire de Marie une pécheresse par naissance.

Malou rappelle cette accusation avec un sens aigu de la mise en scène :

« Julien d’Éclane… avait osé dire, dans l’ardeur de la dispute, que la doctrine de saint Augustin était pire que celle de Manichée. » 9

Cette comparaison violente montre bien que Julien ne vise pas seulement une réfutation doctrinale. Il tente de provoquer une indignation morale : comment Augustin peut-il respecter la Vierge Marie s’il l’inclut dans le lot commun des enfants d’Adam ?

La controverse devient alors le lieu où se joue la compréhension même de la grâce.


2. L’objection mariale comme arme polémique contre Augustin

Julien pousse l’argument jusqu’à l’extrême. Malou cite la formule latine avec une précision révélatrice :

« Ille virginitatem Mariæ partus conditione dissolvit ; tu ipsam Mariam diabolo nascendi conditione transcribis. » :

« Celui-là a dissous la virginité de Marie par la condition de l’enfantement ; et toi, tu livres Marie elle-même au diable par la condition de la naissance. » 10

Julien veut prouver qu’Augustin fait pire que les manichéens. Eux détruiraient la virginité physique ; Augustin, quant à lui, détruirait la sainteté spirituelle.

Pour Malou, cet instant dramatique est capital. La controverse force Augustin à expliciter clairement ce qu’il pense de la naissance de Marie. L’objection n’est pas accidentelle : elle s’inscrit dans une stratégie polémique où la figure de Marie est utilisée comme pierre de touche de la doctrine de la grâce.

C’est pourquoi Malou écrit :

« C’était renouveler l’accusation de Pélage, et poser en termes nets la question du privilège de la Mère de Dieu. » 11

En d’autres termes, Julien contraint Augustin à déclarer publiquement ce que la foi de l’Église admettait implicitement.


3. La réponse d’Augustin dans ce contexte : l’exception mariale affirmée sans hésitation

C’est dans ce cadre polémique, tendu, presque théâtral, qu’Augustin prononce les mots qui deviendront centraux dans l’analyse de Malou :

« Je ne place point Marie sous le pouvoir du démon… » 12

Puis, plus explicitement :

« Nous ne livrons pas Marie au diable à cause de la condition de sa naissance ; mais précisément parce que cette condition est annulée par la grâce de la renaissance. » 13

Pour Malou, il est impossible d’interpréter ces paroles comme une clause de style ou un geste de piété. Ce sont des paroles théologiques, prononcées dans un contexte où Augustin doit défendre :

  • La doctrine de la grâce,
  • La réalité du péché originel,
  • Et la sainteté de Marie.

La force de cette réponse, dit Malou, tient au fait qu’Augustin aurait pu utiliser Marie comme contre-exemple si elle avait contracté le péché originel. Cela aurait été l’argument suprême pour établir l’universalité du péché. Or, il ne le fait pas.

Malou souligne cette absence éloquente :

« L’argument le plus persuasif qu’il eût pu opposer à l’hérésie de Pélage… il ne pouvait le tirer de la Mère de Dieu ; il recule… il admet l’exception. » 14

Ce passage est d’une force logique extraordinaire. Si Augustin n’utilise pas Marie contre Pélage, c’est qu’il sait qu’elle ne peut être comptée parmi les pécheurs originels.


4. L’exemption mariale comme présupposé partagé par les deux camps

Malou pourrait s’arrêter à la réponse d’Augustin, mais il va plus loin. Il montre que Pélage et Julien eux-mêmes reconnaissent comme évidente l’origine immaculée de Marie. C’est un point crucial.

Il écrit :

« Pélage et Julien ont parlé de l’origine Immaculée de Marie comme d’une vérité généralement admise… » 15

Julien, pour accuser Augustin, part du principe que Marie n’a jamais été sous l’empire du démon, même un seul instant. Ce présupposé partagé renforce l’idée que la tradition avait déjà une intuition très nette de la sainteté originelle de Marie.

Ainsi, le contexte doctrinal n’affaiblit pas la thèse de Malou ; il la renforce. Il montre que l’exemption mariale n’est pas une invention tardive, mais un fait reçu dans la conscience chrétienne du Ve siècle.


Conclusion

Ce deuxième paragraphe montre que Mgr Malou appuie toute sa démonstration sur une lecture précise du contexte polémique dans lequel Augustin parle de Marie. La controverse pélagienne, loin de brouiller la doctrine, la rend plus limpide encore. Sous la pression de Julien, Augustin dévoile une conviction profonde : Marie ne fut jamais, même virtuellement, sous l’empire du péché originel.

Cette lecture contextuelle est l’un des piliers de l’interprétation de Malou, et un fondement essentiel de sa défense du privilège marial.

III. La nature de l’ouvrage de Mgr Malou et sa méthode théologique

1. Un traité apologétique fondé sur une lecture patristique rigoureuse

Dans cette section de l’article, il s’agit de présenter non seulement ce que dit Malou, mais comment il le dit. L’ouvrage de Mgr Malou n’est pas une simple compilation philologique : c’est un traité apologétique structuré, dont le but est de démontrer, par la rigueur même de la tradition patristique, que l’Immaculée Conception est enracinée dans la pensée des Pères, en particulier dans celle de saint Augustin.

Dès les premières pages de ce passage, Malou explique qu’il entend répondre aux auteurs qui se sont « embarrassés dans les paroles » d’Augustin, par manque d’analyse grammaticale ou doctrinale solide. Son objectif est clairement polémique mais profondément théologique : réhabiliter le témoignage d’Augustin au profit de la doctrine catholique.

Il le revendique explicitement lorsqu’il affirme à propos de la réponse d’Augustin à Julien :

« est-il possible d’énoncer plus clairement la croyance au privilège de l’Immaculée Conception ? » 16

Ce ton interrogatif, presque rhétorique, n’est pas un effet de style. Il manifeste la conviction de Malou que la lecture patristique authentique milite en faveur du dogme.


2. Une méthode fondée sur l’analyse grammaticale et logique du texte d’Augustin

L’un des aspects les plus remarquables de la méthode de Malou est son attention au détail linguistique. Il se refuse à lire Augustin de manière approximative ou en fonction d’idées préconçues. Au contraire, il reconstruit la phrase latine en suivant sa logique interne, afin d’éviter les contresens.

Il écrit ainsi :

« Pour faire disparaître cette difficulté, il suffit de compléter la phrase, selon la pensée de saint Augustin et d’après les lois de la logique. » 17

Cette phrase programme une véritable herméneutique : Augustin doit être lu selon les règles de la logique et dans le cadre réel de sa controverse.

Malou propose donc de reformuler la phrase, non pour la modifier, mais pour rendre explicite ce que la syntaxe latine implique déjà :

« Non transcribimus diabolo Mariam conditione nascendi ; sed ideo non transcribimus quia ipsa conditio solvitur gratia renascendi. » :

« Nous ne livrons pas Marie au diable à cause de la condition de sa naissance ; mais c’est précisément pour cela que nous ne la livrons pas, parce que cette condition est annulée par la grâce de la renaissance. » 18

Il ne s’agit pas d’une traduction libre : c’est une clarification. Grâce à cette reconstruction, Malou démontre que ceux qui ont vu chez Augustin une concession (« Marie serait soumise au démon d’une certaine manière ») ont simplement mal compris le latin d’Augustin.

L’ouvrage de Malou repose donc sur une double exigence : La précision grammaticale et la cohérence doctrinale.


3. Une herméneutique de la controverse : comprendre Augustin dans son débat réel

Malou n’analyse jamais un passage d’Augustin sans le replacer dans son contexte polémique. C’est un élément central de sa méthode. Pour lui, lire Augustin hors de la controverse pélagienne conduit inévitablement à des contresens.

Il écrit en ce sens :

« La pensée de saint Augustin est indiquée par l’état même de la controverse. » 19

Cette phrase est programmatique. Elle signifie que la théologie d’Augustin se déploie dans un dialogue réel, avec un adversaire réel. Julien d’Éclane force Augustin à préciser sa position ; et Augustin, en répondant, laisse transparaître ce qu’il tenait déjà pour acquis.

Malou exploite ce point pour montrer que :

  • Augustin exclut Marie de son argumentation générale sur l’universalité du péché originel ;
  • Cette exclusion n’est pas tactique, mais doctrinale ;
  • Elle reflète une conviction déjà partagée par l’Église.

La phrase la plus significative à cet égard est sans doute celle-ci :

« Dans le premier membre de la phrase, le saint docteur déclare purement et simplement qu’il ne soumet pas la sainte Vierge au démon… Il nie la doctrine que Julien lui impute. » 20

Ce passage montre que l’interprétation de Malou repose sur la volonté de respecter l’architecture argumentative d’Augustin, au lieu d’en isoler des fragments.


4. Une méthode qui contraste : illustration par la comparaison avec les autres saints

La méthode de Malou n’est pas seulement grammaticale ou polémique : elle est également comparative. Pour comprendre la portée de l’exemption mariale chez Augustin, Malou confronte sa pensée sur Marie à ce qu’il dit d’autres figures bibliques, en particulier Jérémie et Jean-Baptiste.

Il écrit :

« Jérémie et Jean-Baptiste… avaient contracté le péché originel, comme saint Augustin le remarque en termes exprès. » 21

Cette comparaison lui permet de mettre en lumière un contraste fondamental : Augustin affirme que Marie a obtenu une grâce « qui brise le lien de la succession servile », alors qu’il nie explicitement que Jérémie ou Jean l’aient reçue.

Ce procédé méthodologique — confronter les cas pour dégager la singularité — est typique des travaux patristiques du XIXᵉ siècle, et Malou l’utilise avec une grande efficacité pour démontrer la cohérence du privilège marial.


5. L’ambition de Malou : dissiper les malentendus et restaurer l’autorité d’Augustin

Enfin, la méthode de Malou s’explique par une intention apologétique claire : rétablir la véritable pensée d’Augustin, souvent déformée par certains auteurs hostiles au dogme de l’Immaculée Conception.

Il écrit :

« Cette difficulté n’est qu’apparente. » 22

et encore :

« Il suffit de compléter la phrase… et nous verrons que saint Augustin ne soumet la sainte Vierge au démon d’aucune manière quelconque. » 23

Ces expressions manifestent une intention polémique : Malou répond à des interprétations insuffisantes ou malveillantes, et entend montrer que l’autorité d’Augustin, loin d’être un obstacle au dogme de 1854, en constitue au contraire l’un des fondements traditionnels.


Conclusion

Ce troisième point montre que l’ouvrage de Mgr Malou repose sur une méthode solide, à la fois grammaticale, polémique, comparative et doctrinale. Il lit Augustin non dans l’abstraction, mais dans le contexte réel de sa théologie. En reconstruisant soigneusement les phrases latines, en analysant leur logique interne et en les situant au cœur du débat avec Julien, il démontre que saint Augustin formulait déjà l’essentiel de ce que l’Église définira comme l’Immaculée Conception.

IV. L’analyse doctrinale de Malou : la reconstruction du raisonnement augustinien

1. La structure binaire de la réponse d’Augustin : un refus net suivi d’une justification théologique

Dans ce quatrième point, Malou entreprend de démontrer que la réponse d’Augustin à Julien d’Éclane contient, dans sa structure même, une affirmation doctrinale explicite de l’exemption mariale. Il analyse soigneusement les deux membres de la phrase, qui doivent être compris ensemble et non séparément.

Le premier membre exprime un refus catégorique :

« Non transcribimus diabolo Mariam conditione nascendi. » :

« Nous ne livrons pas Marie au diable à cause de la condition de sa naissance. » 24

Pour Malou, cette phrase signifie que Marie n’est jamais placée sous le pouvoir du démon, ni directement, ni indirectement, ni même en vertu de la loi commune de la naissance. Il précise :

« Je ne place point Marie sous le pouvoir du démon… » 25

L’expression « conditione nascendi » (condition de sa naissance.) ne désigne pas le péché originel en tant que faute inhérente, mais la loi universelle qui entraîne tout enfant d’Adam à contracter ce péché. Ainsi, affirmer que Marie n’est pas transcrite au démon par la condition de la naissance revient à dire que la loi commune ne s’applique pas à elle.

Le second membre de phrase explicite immédiatement la raison :

« sed ideo quia ipsa conditio solvitur gratia renascendi. » :

« Mais c’est précisément pour cela, parce que cette condition est annulée par la grâce de la renaissance. » 26

Cette seconde partie est le cœur de l’argument selon Malou. Elle ne nuance pas la première affirmation ; elle l’explique. Malou insiste pour qu’on comprenne cette phrase comme une affirmation causale, et non comme une concession implicite. Il écrit :

« Lorsque saint Augustin assure que la condition de la naissance a été dissoute… c’est comme s’il disait que la grâce a suspendu la loi commune pour Marie, que la grâce l’a préservée de la tache originelle. » 27

Ainsi, la structure logique est claire : Augustin nie toute sujétion de Marie au démon parce que la grâce a supprimé, pour elle, la loi commune.


2. La nécessité de compléter la phrase : éclairer le sens exact du sed ideo quia

Ce passage est l’un des plus subtils du texte. Certains ont cru que le sed ideo quia impliquait une restriction : Augustin aurait refusé de soumettre Marie au démon « dans un certain sens », tout en l’y admettant « d’une certaine manière ». Malou rejette cette lecture comme une contresens résultant d’une syntaxe mal comprise.

Il écrit :

« Cette difficulté n’est qu’apparente. Pour la faire disparaître, il suffit de compléter la phrase, selon la pensée de saint Augustin et d’après les lois de la logique. » 28

Il propose alors une reconstruction logique permettant de restituer le sens voulu par Augustin :

« Non transcribimus diabolo Mariam conditione nascendi ; sed ideo non transcribimus, quia ipsa conditio solvitur gratia renascendi. » :

« Nous ne livrons pas Marie au diable à cause de la condition de sa naissance ; mais c’est précisément pour cela que nous ne la livrons pas, parce que cette condition est annulée par la grâce de la renaissance. » 29

Cette précision grammaticale est fondamentale. Elle montre que le sed ideo quia introduit la cause du refus, et non une restriction. Malou ne modifie pas le texte ; il en rend explicite la dynamique logique.

Le résultat est sans ambiguïté : Augustin nie tout transfert au démon et affirme ensuite la raison pour laquelle un tel transfert n’a pas lieu.


3. L’expression « conditione nascendi » : ce que Malou y voit et ce qu’Augustin entend

Malou accorde une grande importance au terme conditio nascendi, qu’il distingue soigneusement du péché originel lui-même. Cette distinction est essentielle pour comprendre l’argument augustinien.

Il écrit :

« La condition de la naissance n’est point ici le péché originel lui-même ; mais la loi malheureuse qui soumet tous les enfants d’Adam à la triste nécessité de le contracter. » 30

Ainsi, Augustin ne dit pas seulement que Marie ne commet pas de péché. Il dit que Marie échappe à la loi même qui conduit au péché. Elle n’est pas seulement pure ; elle est préservée.

C’est pourquoi Malou conclut :

« Lorsque saint Augustin assure que la condition de la naissance a été dissoute… c’est comme s’il disait que la grâce a suspendu la loi commune pour Marie. » 31

Cette interprétation correspond exactement à la notion de grâce prévenante que définira le dogme en 1854.


4. Le rôle de Julien comme révélateur de la pensée authentique d’Augustin

Un point remarquable chez Malou est son observation selon laquelle Julien, par son attaque, force Augustin à dire ce qu’il tenait jusque-là pour évident.

Il note :

« C’était renouveler l’accusation de Pélage, et poser en termes nets la question du privilège de la Mère de Dieu. » 32

Julien accuse Augustin de livrer Marie au démon. Or, ce que Malou trouve frappant, c’est la manière dont Augustin réagit : il ne cherche pas à éviter la discussion ; il affirme l’exemption avec autorité, comme si la question allait de soi.

Malou écrit :

« Saint Augustin n’hésite pas un instant devant cette accusation atroce. » 33

Pour lui, si Augustin avait pensé que Marie était touchée par le péché originel, il aurait saisi cette occasion pour en faire un argument contre Pélage. Il aurait pu dire : « Même Marie, Mère du Christ, a eu besoin de rédemption au sens strict. »

Mais au contraire, Augustin admets immédiatement l’exception, ce qui devient chez Malou une démonstration indirecte mais puissante de la croyance de l’Église antique à l’innocence originelle de Marie.


5. Le sens théologique profond : Marie exemptée non par nature, mais par grâce

Enfin, Malou insiste sur un aspect théologique essentiel : Julien voulait que Marie soit exemptée par nature. Augustin affirme qu’elle est exemptée par grâce.

C’est la ligne de crête entre orthodoxie et pélagianisme.

Malou commente :

« Julien… voulait aussi qu’elle en fût affranchie par le droit de la nature, sans le secours de la grâce ; saint Augustin fait aussitôt ses réserves… et déclare que si Marie a été soustraite à l’empire du démon, ce fut par la grâce. » 34

Cette précision est capitale : Marie est sauvée plus parfaitement, mais aussi plus radicalement que tout autre créature. Sa préservation n’est pas un privilège naturel ; c’est la victoire absolue de la grâce.

Ce point montre combien Augustin, dans la lecture de Malou, se situe exactement sur la ligne dogmatique de l’Église : défense de la grâce, rejet du pélagianisme, et proclamation implicite de l’Immaculée Conception.


Conclusion

Le quatrième point révèle que la démonstration de Mgr Malou repose sur une analyse très serrée de la logique augustinienne. La réponse de saint Augustin à Julien est l’un des textes patristiques les plus riches pour la doctrine mariale : un refus absolu de l’inclusion de Marie dans la loi du péché, suivi d’une explication doctrinale précise fondée sur l’action prévenante de la grâce.
Pour Malou, ce texte équivaut à une profession implicite de la préservation, c’est-à-dire du cœur même de l’Immaculée Conception.

VI. Une objection classique : si Augustin croyait au privilège marial, pourquoi affirme-t-il si souvent l’universalité du péché originel ?

1. L’apparente contradiction dans les écrits d’Augustin

Après avoir démontré la force doctrinale de la réponse d’Augustin à Julien, Malou se tourne vers une objection qui a longtemps troublé les exégètes : si Augustin croyait au privilège marial, comment expliquer qu’il affirme, à de multiples reprises, que tous les hommes sans exception contractent le péché originel, et que Jésus-Christ seul en est exempt ?

Cette objection est d’autant plus sérieuse qu’elle fut reprise pendant des siècles par les adversaires de l’Immaculée Conception. Malou la formule de manière directe :

« Comment se fait-il, qu’il affirme si souvent que tous les hommes sans exception contractent la tache originelle, et que Notre-Seigneur Jésus-Christ seul en a été exempt ? » 35

À première vue, Augustin semble généraliser sans exception. Pourtant, il a admis l’exemption de Marie lorsqu’elle lui fut objectée. Comment concilier ces deux affirmations ?

Malou répond en montrant que le contexte polémique est la clé.


2. La stratégie augustinienne : mettre Marie hors de la controverse

Pour Malou, la solution réside dans une décision méthodologique volontaire d’Augustin : expulser Marie du champ de la controverse pélagienne afin d’éviter que sa situation exceptionnelle ne brouille la démonstration de l’universalité du péché.

Il écrit :

« Saint Augustin… voulut une bonne fois placer ce fait au-dessus de toute discussion, en l’écartant de la controverse. » 36

Augustin, selon Malou, opère ainsi :

  1. Il reconnaît immédiatement l’exemption mariale lorsqu’elle est évoquée.
  2. Une fois cette exception admise, il refuse d’en reparler, pour pouvoir traiter sereinement la question générale du péché originel.
  3. Dès lors, toutes ses affirmations universelles portent uniquement sur les descendants d’Adam qui ne bénéficient pas de ce privilège unique.

Malou résume ce geste d’Augustin avec force :

« Lorsque Marie eut été définitivement mise hors de cause, saint Augustin prouva que tous les hommes sans exception avaient contracté le péché originel. » 37

Dans cette perspective, le problème disparaît : les propositions universelles d’Augustin ne concernent pas Marie, puisqu’il l’a déjà exclue du raisonnement.


3. L’universalité augustinienne présuppose l’exception mariale

Malou pousse plus loin : selon lui, puisque l’exemption mariale est admise explicitement par Augustin dès 415, elle doit être considérée comme présupposée dans tous les textes ultérieurs où le docteur d’Hippone parle de “tous les hommes”.

Il écrit :

« Dès que la question est entendue ainsi, les assertions générales ne détruisent plus l’exception admise de commun accord, mais elles la supposent. » 38

Cette phrase est capitale : elle signifie que toute universalité augustinienne doit être lue comme :

Tous les hommes (sauf ceux que nous avons explicitement exclus : Jésus-Christ et la sainte Vierge).

Pour Malou, cette conclusion est indéniable, car elle correspond à l’état réel de la controverse. Lorsque Julien attaque Augustin sur Marie, les deux parties reconnaissent immédiatement l’exemption. Une fois cette vérité admise, Augustin peut poursuivre son raisonnement sans avoir à répéter l’exception.

Malou insiste :

« Jésus et Marie ne sont pas soumis à la loi du péché : cela pour lui est hors de doute ; ses adversaires en conviennent… il était fort inutile de le rappeler sans cesse. » 39

Le silence d’Augustin n’est donc pas ambigu : c’est un silence méthodologique, non doctrinal.


4. Pourquoi les adversaires du privilège ont-ils trouvé tant d’arguments chez Augustin ?

Malou aborde ensuite une seconde difficulté : comment les théologiens hostiles à l’Immaculée Conception ont-ils pu trouver « quatre-vingts arguments » chez Augustin contre le privilège marial ?

La réponse de Malou est sévère mais argumentée :

« Ils se font d’étranges illusions. » 40

Selon lui, les adversaires du privilège ont :

  • Ignoré le contexte de la controverse ;
  • Lu Augustin comme s’il n’avait jamais admis l’exception mariale ;
  • Interprété ses affirmations universelles sans tenir compte de l’exclusion préalable de Marie.

Il précise :

« La longue série d’arguments… se réduit à deux ou trois idées présentées de cinquante manières différentes. » 41

Les “arguments” tirés d’Augustin reviennent en réalité à trois thèmes :

  • L’universalité de la condamnation,
  • L’universalité du péché,
  • La nécessité de la rédemption.

Mais ces trois thèmes ne s’appliquent pas à Marie, parce qu’Augustin l’a explicitement exclue de la loi commune :

« Tous ces raisonnements tombent devant l’exception générale que saint Augustin a posée lui-même, en ce qui concerne la Mère de Dieu. » 42


5. Pourquoi les défenseurs du privilège ont longtemps négligé Augustin ?

Enfin, Malou reconnaît que même parmi les théologiens favorables à l’Immaculée Conception, le témoignage de saint Augustin a été sous-utilisé. Deux raisons principales expliquent ce phénomène.

La première est historique et doctrinale :

« Une école… a toujours vu, dans le privilège de Marie, une espèce d’embarras pour son système. » 43

Il s’agit de l’école dite “rigoriste” de la grâce, héritière de certaines interprétations extrêmes d’Augustin (Lucidus, Gottschalk, Baius, Jansénius). Cette école, embarrassée par la liberté de Dieu manifestée dans le privilège marial, a passé sous silence les textes d’Augustin favorables à Marie.

La seconde est herméneutique :

« Le célèbre passage du livre de la nature et de la grâce a été constamment cité pour prouver que la sainte Vierge a été préservée du péché actuel. » 44

Pendant longtemps, on n’a vu dans ce texte qu’une preuve de l’absence de péché personnel chez Marie. On n’a pas compris — faute d’une lecture contextualisée — que ce passage implique aussi l’exemption du péché originel.

Aujourd’hui, affirme Malou, la controverse pélagienne étant mieux comprise, le sens profond du texte apparaît avec évidence :

« Toute contestation est devenue impossible, et le témoignage de saint Augustin est définitivement acquis au dogme. » 45


Conclusion

Ce sixième point montre que Malou répond magistralement à l’objection la plus sérieuse : l’universalité augustinienne du péché originel. Son argument est simple et puissant :

  • Augustin exclut explicitement Marie de la loi commune.
  • Une fois cette exclusion affirmée, il ne la répète pas pour ne pas brouiller le débat.
  • Ses affirmations universelles doivent donc être lues à partir de cette exception préalable.
  • Les adversaires du privilège ont ignoré cette clé herméneutique.
  • Les défenseurs eux-mêmes ont parfois manqué de lire Augustin dans son contexte.

Ainsi, le témoignage d’Augustin — longtemps considéré ambigu — apparaît comme un pilier de la doctrine de l’Immaculée Conception.

Conclusion générale : la démonstration de Malou et la cohérence augustinienne en faveur de l’Immaculée Conception

Au terme de cette étude, il apparaît que la lecture de Mgr Malou n’est ni une extrapolation dévotionnelle ni une reconstruction artificielle de la pensée augustinienne. Elle s’appuie sur une analyse minutieuse des textes, une compréhension profonde du contexte polémique, et une logique interne qui respecte la cohérence théologique de saint Augustin.

L’argument central de Malou repose sur la manière dont Augustin répond à l’accusation violente de Julien d’Éclane. Interrogé sur la possibilité que Marie soit soumise au démon du seul fait de sa naissance, Augustin réagit avec une clarté et une fermeté remarquables :

« Non transcribimus diabolo Mariam conditione nascendi. » : « Nous ne livrons pas Marie au diable à cause de la condition de sa naissance. » 46

Et il explique pourquoi :

« ipsa conditio solvitur gratia renascendi. » : « La condition elle-même est annulée par la grâce de la renaissance. » 47

À partir de ces deux fragments, Malou reconstruit une théologie implicite mais cohérente : Marie est exemptée de la loi commune de la naissance, non par nature, mais par une grâce prévenante, antérieure à toute tache. Cette grâce « dissout la condition de la naissance », c’est-à-dire qu’elle empêche la transmission du péché originel.

Cette lecture s’appuie également sur la comparaison avec Jérémie et Jean-Baptiste, qui furent sanctifiés in utero mais ne reçurent pas cette « sainteté qui aurait brisé le lien de la succession » :

« Ils ne furent pas doués de cette sainteté qui eût brisé le lien de la succession servile. » 48

Et Malou suggère qu’Augustin « semble insinuer que cette sainteté a été accordée à une autre créature » — Marie — pour qui la condition de la naissance fut bel et bien « brisée par la grâce ».

Ainsi, Augustin distingue deux formes d’action divine :

  • la grâce sanctifiante, qui intervient après la contraction du péché ;
  • et la grâce prévenante, qui empêche le péché de s’appliquer.

Marie appartient à cette seconde catégorie, unique dans l’histoire du salut.

La démonstration de Malou ne contourne pas les difficultés ; elle les intègre et les résout. Il explique pourquoi Augustin, après avoir reconnu l’exemption de Marie, utilise ensuite des formules universelles sur le péché originel : parce qu’il avait déjà écarté Marie de la discussion doctrinale, et qu’il n’était plus nécessaire de répéter constamment cette exception.

« Dès lors ses propositions universelles n’atteignaient plus la Mère de Dieu, parce que toutes présupposaient l’exception dont elle a été l’objet. » 49

Ce point herméneutique est décisif : les assertions augustiniennes sur l’universalité du péché n’incluent jamais Marie, car elle a été volontairement, explicitement, méthodiquement placée « hors de cause ».

En définitive, la lecture de Malou révèle que, loin d’être un obstacle au dogme moderne, Augustin en est l’un des témoins les plus profonds. L’évêque d’Hippone ne formula pas l’Immaculée Conception en termes scolastiques — et comment aurait-il pu ? — mais son enseignement, replacé dans la logique de la grâce et dans la dynamique de sa controverse avec Julien, contient tous les éléments doctrinaux qui permettront à l’Église de définir solennellement, en 1854, que Marie fut préservée du péché originel au premier instant de sa conception.

La conclusion de Malou résonne alors comme un jugement théologique ferme :

« Le témoignage de saint Augustin est définitivement acquis au dogme que sa Sainteté Pie IX vient de définir. » 50

L’ouvrage de Malou apparaît ainsi comme un jalon important dans la réception patristique du dogme : une mise en lumière, rigoureuse et convaincante, de l’harmonie profonde entre la tradition antique et la définition moderne de l’Immaculée Conception.


  1. Saint Augustin n’était pas un traducianiste affirmé, mais il penchait dans ce sens pour sauvegarder la transmission du péché originel, tout en restant prudemment indécis. ↩︎
  2. Au début du Ve siècle, la sainteté de Marie faisait l’objet d’un consensus si largement partagé qu’elle constituait un point d’accord préalable dans le débat : les pélagiens eux-mêmes, en excluant la Vierge de toute discussion sur le péché, tendaient à saint Augustin un appui qu’il reçut non comme une concession polémique, mais comme l’expression d’une conviction ecclésiale déjà acquise. ↩︎
  3. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2), p. 77, citant Opus imperfectum contra Julianum IV, 122 ↩︎
  4. NB. Dans la pensée manichéenne, la matière est corrompue depuis le plus petit des atomes. ↩︎
  5. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 77 ↩︎
  6. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 78 ↩︎
  7. Ibid ↩︎
  8. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 80 ↩︎
  9. Malou, p. 77 ↩︎
  10. Ibid.; citant l’Opus imperfectum IV, 122 ↩︎
  11. Ibid. ↩︎
  12. Ibid. ↩︎
  13. Ibid. ↩︎
  14. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 81 ↩︎
  15. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 80 ↩︎
  16. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 78 ↩︎
  17. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2), p. 78–79 ↩︎
  18. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 79 ↩︎
  19. Ibid. ↩︎
  20. Ibid. ↩︎
  21. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2)p. 80 ↩︎
  22. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 78 ↩︎
  23. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2), p. 79 ↩︎
  24. Malou, p. 77–78, citant Opus imperfectum IV, 122 ↩︎
  25. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 77 ↩︎
  26. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 77–78 ↩︎
  27. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 78 ↩︎
  28. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 78–79 ↩︎
  29. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 79 ↩︎
  30. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 77–78 ↩︎
  31. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 78 ↩︎
  32. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 77 ↩︎
  33. Ibid. ↩︎
  34. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 79 ↩︎
  35. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2), p. 82 ↩︎
  36. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 83 ↩︎
  37. Ibid. ↩︎
  38. Ibid. ↩︎
  39. Ibid. ↩︎
  40. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 84 ↩︎
  41. Ibid. ↩︎
  42. Ibid. ↩︎
  43. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 85 ↩︎
  44. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2), p. 86 ↩︎
  45. Ibid. ↩︎
  46. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 77–78 ↩︎
  47. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 78 ↩︎
  48. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 80 ↩︎
  49. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 83 ↩︎
  50. Mgr Jean-Baptiste Malou – L’Immaculée conception de la bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi (Tome 2) p. 86 ↩︎


En savoir plus sur Ecce Matter Tua

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire