Dans le combat spirituel quotidien, chaque chrétien fait l’expérience d’une lutte intérieure : une inclination au péché, même après le baptême. Pourquoi, si nous avons été régénérés dans le Christ, continuons-nous à ressentir en nous le tiraillement vers le mal ? L’Église a un nom pour cela : le fomes peccati, littéralement la « braise du péché ».

Benoite Rencurel vécu des :
- Tentations de la chair : Benoîte a connu de violentes tentations contre la chasteté. Cela faisait partie des épreuves spirituelles permises par Dieu dans sa vie mystique.
- Assauts du démon : Les récits rapportent qu’elle subissait des attaques nocturnes, où le démon cherchait à éveiller en elle des désirs sexuels très intenses, accompagnés parfois de visions impures.
- Lutte héroïque : Elle résistait par la prière, les mortifications (jeûne, austérités), et l’offrande de ses souffrances. Ces combats la plongeaient dans un grand trouble intérieur, mais la tradition spirituelle les interprète comme une purification de son amour pour Dieu.
Qu’est-ce que le Fomes Peccati ?
Le fomes peccati désigne dans la théologie catholique l’inclination désordonnée au péché, laissée dans l’homme même après la rémission du péché originel par le baptême. Le mot « fomes » vient du latin fomentum, signifiant « matière combustible », comme une braise encore chaude prête à rallumer la flamme du péché. Il s’agit d’une conséquence du péché originel, non un péché en soi, mais une blessure de la nature humaine.
« Le péché originel efface la justice originelle, mais laisse la concupiscence, qui est le fomes peccati, et celle-ci demeure même après le baptême. » 1
Quelle est son origine ?
Le fomes peccati est une des quatre blessures de la nature humaine causées par la chute d’Adam (cf. Genèse 3). Ces blessures sont :
- Ignorance (l’intelligence affaiblie)
- Malice (la volonté désordonnée)
- Faiblesse (perte de la maîtrise)
- Concupiscence (désir désordonné) 2– c’est cela, le fomes peccati
Il ne s’agit pas d’un péché personnel, mais d’une inclination au péché, un combat que chaque chrétien doit affronter. Saint Paul le décrit de manière poignante :
« Je ne fais pas le bien que je veux, mais je fais le mal que je ne veux pas. » 3
Pourquoi Dieu permet-il cette inclination après le baptême ?
Dieu, dans sa sagesse, laisse le fomes peccati subsister pour notre sanctification. Cela permet au chrétien de grandir en vertu, d’exercer la charité, la tempérance, la patience, et surtout, l’humilité.
« Pour que je ne sois pas enflé d’orgueil… il m’a été mis une écharde dans la chair. » 4
En luttant contre cette inclination, nous apprenons à dépendre de la grâce de Dieu plutôt que de nos propres forces.
Comment y résister ?
L’Église nous donne des armes spirituelles pour combattre le fomes peccati :
- Les sacrements, surtout l’Eucharistie et la confession
- La prière quotidienne, en particulier l’acte de contrition et la prière au Saint-Esprit
- Le jeûne et la pénitence, qui domptent les passions
- La lecture des Écritures et la méditation
- La dévotion à la Sainte Vierge, refuge des pécheurs
En résumé
Le fomes peccati est la trace du péché originel laissée dans l’âme comme un champ de bataille. Il nous rappelle notre condition de créatures blessées, appelées à la sainteté par la grâce. Le combat contre cette inclination n’est pas une défaite, mais une voie vers la victoire en Jésus-Christ.
« Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé. » 5
- Saint Thomas d’Aquin, Summa Theologiae, I-II, q. 82, a. 3 ↩︎
- Summa Theologiae, I-II, q. 85, a. 3 ↩︎
- Romains 7, 19 ↩︎
- 2 Corinthiens 12, 7 ↩︎
- Romains 5, 20 ↩︎
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