Historique :
Un premier article réfutant l’utilisation du Diatessaron lors des noces de Cana est publié le 24 novembre.
À la suite de cela, Maxime Georgel a répliqué en publiant un article plagié à 80%.
Une première réponse lui est apportée concernant le scandale du plagiat, largement reconnu par presque tous : Réfutation Maxime Georgel
Cet article, rédigé à chaud en réaction aux révélations de la chaîne Pro Ecclesia, avait encore besoin de cette mise au point, de ces réfutations et remises en question, que je présente ici.
Préambule. Nouvelle grosse dénaturation de texte.
Cet article m’a nécessité plusieurs dizaines heures de travail, englobant la recherche, la lecture attentive, la prise de notes, les comparaisons minutieuses et la rédaction. Vous comprendrez alors l’indignation que provoque le comportement de Maxime Georgel, qui se livre au plagiat, à la troncation des citations et à la falsification des textes. Comment peut-on espérer instaurer un dialogue sérieux avec quelqu’un qui publie un article affirmant, de manière anachronique, que saint Irénée s’opposait à l’Immaculée Conception, tout en continuant de dénaturer les textes ?
Encore une fois, nous avons une citation falsifiée de Mr Maxime Georgel prise au hasard (oui, cela devient lassant) :

Texte original :
Bien que les premiers Pères de l’Église ne considèrent même pas la possibilité de l’Immaculée Conception, ils perçoivent néanmoins que Marie devait être d’une certaine manière exemptée de la condition postlapsarienne [Après la chute] normale pour devenir la Mère de Dieu. Cela établit ainsi un principe fondamental concernant l’absence de péché en Marie. 1
- Ce texte affirme de manière explicite que, selon les pères, Marie se trouve en dehors des conditions de la Chute. On aurait pu en discuter, mais cela n’arrivera plus.
Par conséquent, aucun dialogue n’est envisageable. N’étant pas chargé d’être le correcteur de Monsieur Georgel à chacun de ses articles, nous nous limiterons à dresser un inventaire fidèle des déclarations réelles de ses sources.

1. O’Carroll, Robert Boylan, et Georgel
La ref : Le bon, la brute et le truand.
1.1. « Le moins que l’on puisse dire »
M. Georgel fait toujours figurer sur son blog, ce texte, supposément de O’Carroll.

Possédant l’ouvrage, une vérification s’imposait. Comme le dénonce Pro Ecclésia, la citations est évidemment, fausse.
La voici, en screen de ce passage, dans le texte original, édition de 2000 :


Traduction française :
ÉPHREM DE SYRIE, SAINT (c. 306-373)
Ephrem., la « Lyre du Saint-Esprit », mérite également le titre de Docteur marial. Ses œuvres reposent désormais sur une base solide avec l’achèvement de leur édition critique. Cela élimine les Hymnes à la Vierge et établit comme authentique le commentaire du Diatessaron de Tatien. Ainsi, une grande partie de la bibliographie antérieure devient sans importance, car des monographies déjà reconnues comme faisant autorité ont examiné le corpus authentique. En qualité et en quantité, il surpasse saint Athanase et les Cappadociens.
Ephrem eut la chance d’être formé par Jacques, évêque de Nisibe (303-338), et son successeur Vologèse (346-361). Il enseigna d’abord à Nisibe, mais partit pour Édesse après l’invasion des Perses en 363. Il fut extrêmement prolifique en poésie sacrée, avec un sens vif du personnel et une imagination disciplinée par une théologie solide.
Il insiste tellement sur l’absence de péché de Marie qu’il est invoqué comme un défenseur du dogme de l’Immaculée Conception (qv). Dans les Hymnes Nisibènes, il écrit :
« Toi seule et ta Mère êtes en toutes choses belles ; car il n’y a en toi aucun défaut et aucune tache en ta Mère. De ces deux êtres magnifiques, à qui mes enfants ressemblent-ils ? »
[Première citation de Georgel] : Il existe d’autres textes qui nécessitent une interprétation subtile pour soutenir cette théorie. Comme par exemple le suivant, lorsque Marie est décrite comme une baptisée :
« Et je suis une épouse. Car tu es chaste. Je suis servante et fille, de sang et d’eau ; car tu m’as achetée et baptisée. Le Fils du Céleste est venu, a pris demeure en moi et je suis devenue sa Mère. »
Ou lorsqu’il parle encore de l’œil purifié par la lumière du soleil, et poursuit :
« En Marie, comme dans l’œil, la Lumière est venue habiter, et elle a purifié son esprit, affiné ses pensées, sanctifié son âme et purifié sa virginité. »
[Deuxième citation de Georgel] : Ces textes ne contredisent en rien la sainteté initiale de Marie ; ni d’autres textes que l’on trouve dans la version arménienne [Ce qui inclu donc, le récit de Cana] du commentaire sur le Diatessaron, qui semblent impliquer une faute—un doute, par exemple, sur la Résurrection.
Ici, Ephrem a confondu Marie avec Marie-Madeleine. De plus, l’absence d’une doctrine du Péché Originel ne peut être invoquée.
_______________________________
Fin de traduction.
Nous constatons donc que, selon O’Carroll, saint Éphrem est, je cite : « invoqué comme un défenseur de l’Immaculée Conception ».
Dans les Hymnes Nisibènes, il écrit :
« Toi seul et ta Mère êtes en toutes choses beaux ; car il n’y a en toi aucun défaut et en ta Mère aucune tache. Parmi ces deux êtres d’une grande beauté, à qui mes enfants ressemblent-ils ? »
On remarque aussi que la citation rapportée par Georgel ne reprend pas l’affirmation d’O’Carroll selon laquelle Éphrem serait « un partisan de l’Immaculée Conception« .
O’Carroll précise ensuite qu« il existe d’autres textes qui nécessitent une interprétation subtile en soutien à cette théorie. »
Or, une nuance supplémentaire s’impose : l’expression « c’est le moins qu’on puisse dire » ne figure pas dans le texte original. Il s’agit donc bien d’une déformation qui risque d’induire le lecteur en erreur.
O’Carroll cite deux texte et fini par conclure :
« Ces textes ne contredisent en rien la sainteté initiale de Marie »
Pour le dire simplement, O’Carroll est en train de dire que rien chez Saint Ephrem ne permettrait de dire que Marie porterait un quelconque péché.
1.2. Le texte falsifié :

Texte original :
Ces textes ne contredisent en rien la sainteté initiale de Marie ; ni d’autres textes que l’on trouve dans la version arménienne [Ce qui inclu donc, le récit de Cana] du commentaire sur le Diatessaron, qui semblent impliquer une faute—un doute, par exemple, sur la Résurrection.
Ici, Ephrem a confondu Marie avec Marie-Madeleine. De plus, l’absence d’une doctrine du Péché Originel ne peut être invoquée.
O’Carroll souligne cette confusion dans son analyse. Toutefois, dans la version falsifiée du texte, cette erreur n’est plus simplement une méprise mais devient un outil pour discréditer la Vierge Marie. Plutôt que de reconnaître l’amalgame entre Marie et Marie-Madeleine, la falsification l’exploite pour lui attribuer des fautes, notamment un manque de foi et un doute sur la Résurrection. Ainsi, alors qu’O’Carroll insiste sur le fait que cette confusion n’altère en rien la sainteté de Marie, le texte falsifié va plus loin : il ne se contente pas d’une interprétation erronée, mais constitue une attaque intentionnelle visant à altérer l’image sacrée de la Vierge, déformant les propos d’O’Carroll pour en faire une critique infondée.
2. Fiabilité de la version syriaque du Diatessaron
2.1. Qu’en est-il des spécialistes et de la version syriaque ?
L’ouvrage de Robert Murray, qui vise avant tout l’exégèse et non la critique textuelle, se contente d’utiliser les passages jugés très probablement de saint Éphrem, en excluant les autres. De surcroît, il n’intègre pas les Noces de Cana, ni ne mentionne le doute et l’empressement. Voici un aperçu de certaines contributions critiques.
Mise à jour : Après avoir épluché « The Portrayal of Christ in the Syriac Commentary on the Diatessaron » de Christian Lange, publié en 2005 par Peeters Publishers, on peut dire avec certitude que le récit de Cana ne figure pas parmi les découvertes des nouveaux feuillet dans le années 80.
Y figurent en revanche des interpolations tardives à propos de la purification de la Vierge Marie au moment de l’Annonciation. p. 43 :
Le commentateur interprète l’Annonciation à Marie dans le chapitre I.25 du Commentaire. Après la deuxième ligne de cette section, on trouve un long paragraphe attesté uniquement dans la version syriaque. Dans ce paragraphe, le commentateur applique l’image de l’or purifié à Marie. William Petersen décrit cette imagerie comme « maladroite et […] singulière dans l’œuvre d’Éphrem »2. Cette imagerie en elle-même suscite déjà le soupçon d’une interpolation ultérieure. Ce soupçon est renforcé par l’observation selon laquelle un scribe a ajouté en marge les mots : « Explication de l’Évangile faite par le savant Mar Éphrem »3. La question est de savoir pourquoi une main postérieure aurait inséré cette déclaration si le paragraphe était un élément authentique de la composition d’Éphrem. Toute cette section semble être une interpolation tardive 4.
William L. Petersen (1985)
Dans The Dependence of Romanos the Melodist upon the Syriac Ephrem: Its Importance for the Origin of the Kontakion, Petersen interroge la transmission du Diatessaron et la dépendance des auteurs byzantins à Éphrem. Il souligne notamment les difficultés à authentifier certaines parties du commentaire d’Éphrem en l’absence de duplications textuelles vérifiables.
James W. Barker (2022)
Dans Tatian’s Diatessaron: Composition, Redaction, Recension, and Reception, Barker relève que la version syriaque comporte de nombreuses interpolations.
EG Mathews (2012)
Dans Ephrem the Syrian: A Syriac Poet in Armenian Verse, Mathews suggère que le « Commentaire sur le Diatessaron » ne peut être entièrement attribué à Éphrem, le texte ayant été modifié par des écoles théologiques postérieures. PDF
J. Joosten, MR Crawford, NJ Zola (2019)
Dans Tatian’s Sources and the Presentation of the Jewish Law in the Diatessaron, ils analysent les sources utilisées dans le commentaire d’Éphrem, remettant en cause sa fidélité au texte original. PDF
P. Botha (2009)
Dans Ephraem der Syrer, Kommentar zum Diatessaron, l’auteur estime que le texte actuel contient des interpolations et réécritures allant au-delà de la pensée d’Éphrem. Nous pouvons consulter la critique publiée dans la Bryn Mawr.
ED Syro
Dans Some Remarks on the Integrity of Ephrem’s Commentary on the Diatessaron, l’auteur passe en revue les altérations du texte et exprime des doutes quant à la fidélité de la version syriaque.
C. Lange & CMW Lange (2005)
Dans The Portrayal of Christ in the Syriac Commentary on the Diatessaron, ils montrent que le commentaire a été réinterprété dans un contexte théologique ultérieur, modifiant ainsi la voix d’Éphrem.
F. Watson (2016)
Dans Towards a Redaction-Critical Reading of the Diatessaron Gospel, Watson suggère que la recension du Diatessaron attribuée à Éphrem a subi de nombreuses altérations postérieures. PDF
MR Crawford (2015)
Dans Reading the Diatessaron with Ephrem: The Word and the Light, the Voice and the Star, il met en évidence des incohérences textuelles en comparant le Diatessaron à d’autres écrits attribués à Éphrem.
Ces études, parmi d’autres, démontrent la complexité du témoignage syriaque et invitent à une lecture critique, en évitant les simplifications.
3. Réponse concernant le récit de Cana
Les Noces de Cana dans le Diatessaron ne représentent qu’un bref extrait de deux pages au sein de l’ensemble de l’œuvre du saint Diacre. Avant de s’y attarder, il est essentiel de considérer la totalité de son travail. Nous n’aborderons pas cet aspect ici, mais citons Martin Jugie afin d’avoir un peu plus de matière :
Martin Jugie :
Martin Jugie dans son ouvrage : L’immaculee conception dans l’ecriture sainte et dans la tradition orientale p.76 :
Plus satisfaisante est le Syrien saint Ephrem. On trouve déjà chez lui toute la gamme des éloges que les orateurs byzantins décerneront plus tard à la Théotokos. Beaucoup de ces éloges contiennent d’une manière plus ou moins implicite l’idée de la perpétuelle sainteté. Marie est proclamée :
- « L’arche sainte grâce à laquelle nous avons échappé au déluge du péché ; le tabernacle sacré qu’a fabriqué le Beseleel spirituel » 5
- La femme qui a brisé la tête du serpent 6
- La seule qui ait été toute pure de corps et d’âme 7.
Les épithètes qu’empruntera dans la suite la liturgie grecque :
- Toute pure, tout immaculée, toute sans reproche, toute digne de louange, toute bienheureuse, etc.
Courent sur la plume du docteur syrien. Marie est supérieure en sainteté aux chérubins et aux séraphins 8.
- « L’ange vit cette vierge admirable et, ravi d’admiration, lui adressa ce salut flatteur : Paix à toi : tu es pleine de grâce ; le ciel n’est pas plus élevé que toi » 9
Mais voici qui est plus suggestif et voisine une expression équivalente du privilège de la conception immaculée :
« Ève et le serpent creusèrent une fosse dans laquelle ils précipitèrent Adam ; mais Marie et son royal enfant sont venus à son secours : ils sont descendus et l’ont tiré de l’abîme par ce mystère caché, qui, révélé, a vivifié Adam » 10.
« Toutes deux innocentes, toutes deux simples, Marie et Ève avaient été faites de tout point semblables ; mais ensuite, l’une est devenue cause de notre mort et l’autre, cause de notre vie » 11.
« En vérité, vous, Seigneur, et votre mère, vous êtes les seuls à être beaux sous tous rapports ; car en vous, Seigneur, il n’est aucune tache, ni en votre mère une souillure quelconque. Mes enfants ne sont nullement semblables à ces deux beautés » 12.
Ces témoignages authentiques du docteur syrien s’accordent mal avec certains passages tirés des nombreux écrits mis sous son nom et d’une authenticité plus ou moins douteuse. C’est ainsi que dans le Commentaire du Diatessaron de Tatien, qui ne nous est parvenue qu’en traduction arménienne [La version syriaque n’a absolument rien changé comme l’atteste la citation de O’Carrol (cf.supra)], la démarche de Marie auprès de son Fils, aux noces de Cana, est interprétée à la manière de saint Jean Chrysostome : « la Vierge a cédé à un empressement intempestif et à quelque sentiment de vaine gloire » 13. Il y a de bonnes raisons de croire que le commentaire en question, tout en étant authentique pour le fond, a subi des remaniements de la part des traducteurs 14.
3.1. Contexte et positionnement de l’auteur Robert Boylan (?)
Le texte auquel nous répondons – que nous supposons être celui de Georgel – comporte des détails linguistiques révélateurs d’une pensée particulière. L’auteur, en objectant la foi catholique dans une perspective protestante, construit sa critique de l’analyse de Louis Leloir, à la fois éditeur et traducteur du texte étudié. Plusieurs spécialistes :
- Leloir,
- Schaffer,
- Boismard,
- Petersen,
- Jugie
- O’Carroll
Sont unanimes quant à leurs conclusions. Le texte de Cana est inutilisable. Aucun autre spécialiste n’est venu les réfuter concernant l’exégèse textuelle. Georgel, lui, se dérobe en déclarant « ne pas chercher à y répondre », tout en tentant néanmoins d’y répondre de façon peu convaincante.
3.2. Les prémisses de l’argumentation
L’argumentation de Georgel s’appuie sur deux prémisses contradictoires :
- Un manque de foi,
- Un empressement
Georgel prétend que peu importe le cas de figure, Marie aurait forcément péché…

Ces deux reproches se heurtent par leur contradiction : l’un instaure le doute, et l’autre l’impétuosité. Ils ne traduisent donc pas la pensée authentique de saint Éphrem, mais celle de traditions divergentes, comme l’illustre la complexité des strates textuelles. Il n’est ainsi pas possible de favoriser l’un au détriment de l’autre, puisque les arguments se neutralisent ou se justifient par le biais de ces traditions distinctes.
3.3. Analyse textuelle du récit de Cana
3.3.1 Interpolations et multiplicité des traditions
L’examen attentif du texte révèle une transmission de discours multiples. Par exemple, le récit de Cana comporte les passages suivants :
- §3 : « On dit encore que Marie aurait été perplexe », ce qui implique que les deux §1-2 précédents, ainsi que celle-ci, nous ont probablement été transmis par le saint Diacre et ne peuvent lui être attribué en tant qu’auteur originel.
- §4 : Dialogue ambigu entre Jésus et Marie, évoquant le doute sur la parole de Jésus. Une fois de plus, l’auteur dit, je cite : « On dit qu’elle avait douté de sa parole »
- §5 : Un récit qui montre Marie agissant avec empressement pour remplacer les apôtres, suivi d’un réprimande de Jésus (« Mon temps n’est pas survenu »). Cependant, réside une confusion entre Marie et Marie Madeleine ici.
Ces passages ne traduisent pas la pensée d’un seul rédacteur, mais plutôt la superposition de traditions variées. Pour un approfondissement sur les versets qui suivent, consultez l’article suivant.
Est-il vraiment besoin d’une source académique qui se risquerait à dire le contraire ?
3.3.2 La confusion entre Marie et Marie-Madeleine
Un parallèle est établi avec un épisode post-résurrection (XXI, 27) dans lequel la figure maternelle se confond avec Marie-Madeleine. V, 5 indique quant à lui :
« Quand sa mère (De Jésus) le vit, après sa victoire sur les enfers (Marie Madeleine), elle voulut le caresser (Marie Madeleine) maternellement (Mère de Jésus) . Mais Marie, confiée à Jean ce jour-là (Mère de Jésus), se voit ainsi réaffectée […] Aussi, après la résurrection, l’empêcha-t-il de s’approcher à nouveau de lui (Marie Madeleine)»
Une telle confusion est renforcée par l’ambiguïté des termes employés dans le récit de Cana, où la présence de « Marie » peut être interprétée soit comme celle de la Vierge, soit comme celle de Marie-Madeleine.
Nous y revenons plus loin.
3.4 La prophétie de Siméon
3.4.1. Le récit de la prophétie
Le Diatessaron (II, 16-17) rapporte la prophétie suivante de Siméon :
« Siméon dit également : Tu écarteras le glaive, ce qui défendait le paradis à cause d’Ève a été enlevé par Marie. »
Ce passage associe Marie, la mère de Jésus, à la figure de la nouvelle Ève et aux glaives des Chérubins, conformément à une typologie largement attestée dans la tradition patristique syriaque. C’est pourquoi ont peut légitimement supposer qu’il est exacte et reflète bien la pensé de Saint Ephrem.
3.4.2. Les diverses interprétations
Une fois de plus, le texte offre plusieurs interprétations en introduisant des formules telles que « ou bien » immédiatement après le verset pré-cité .
Ici encore, la stratification narrative contribue à la fusion entre la Vierge Marie et Marie-Madeleine.
3.5. Marie-Madeleine, un élément perturbateur dans le récit de Cana
3.5.1. Les interpolations et leur impact
Au-delà des problèmes de transmission, il apparaît que l’interpolation de passages confondant Marie et Marie-Madeleine mine la crédibilité du récit de Cana.
Selon Robert Murray, saint Éphrem lui-même confondrait les deux figures, ce qui, si l’on s’en tient à cet argument, invaliderait la présence de la Vierge aux noces de Cana dans le Diatessaron.
4.5.2. L’examen de l’ouvrage de Robert Murray
L’ouvrage Symbols of the Church and Kingdom: A Study in Early Syriac Tradition de Robert Murray est cité pour étayer cette confusion. À la page 329, Murray relève l’existence d’une tradition syriaque qui aurait « superposé » les deux Marie, une constatation qui remet en question la fiabilité du récit de Cana tel que présenté dans le commentaire d’Éphrem.
3.6. Conclusion
L’analyse approfondie des textes du Diatessaron met en lumière une confusion identitaire significative entre la Vierge Marie et Marie-Madeleine :
3.6.1. Ambiguïté lors du premier miracle
Le passage du Diatessaron (XXI, 27) :
Cependant, comme Marie [Madeleine] était là pour le premier miracle [de Cana], de même elle eut les prémices de la sortie des enfers [Madeleine]. Ainsi, bien qu’elle ne l’ait pas touché, elle fut réconfortée.
ne permet pas de déterminer avec certitude l’identité de la figure mentionnée. Toutefois, si l’on considère les Écritures comme infaillibles, la question est tranchée d’emblée. Un protestant convaincu affirmera alors sans détour : Ce que dit le Diatessaron est erroné, car c’est bien Marie-Madeleine qui est présente après la résurrection, comme l’attestent les Évangiles.
Concernant les noces de Cana, il dira sans hésitation : C’est Marie qui est présente aux noces de Cana, et le Diatessaron en rajoute au texte – et pas qu’un peu !
3.6.2. Fusion dans le récit des noces de Cana
L’amalgame des deux personnages conduit à des reproches dirigés également contre Marie-Madeleine :
- Le doute : Référencé dans II, 16-17 et XXI, 27.
- L’empressement : Rapporté dans V, 5,
Ces éléments semblent mieux correspondre à l’image de Marie-Madeleine qu’à celle de la Vierge Marie. La confusion est également relevée par O’Carroll concluant que, dans la version arménienne du commentaire sur le Diatessaron, le texte tend à amalgamer deux personnages distincts. Rappelons ce qu’il dit : « Ces textes ne contredisent en rien la sainteté initiale de Marie« . (cf. Supra)
3.6.3 Multiplicité des traditions
La présence de diverses interpolations et interprétations dans le texte indique que le commentaire d’Éphrem est le résultat d’un processus ultérieur de compilation et de réinterprétation.
En définitive, cette lecture critique démontre que le récit de Cana, y compris tel qu’il serait transmis dans la version syriaque du Diatessaron, ne permet pas de distinguer de manière fiable la Vierge Marie de Marie-Madeleine. Plutôt que de remettre en cause la sainteté de l’une ou l’autre, nous devons tenir que ce texte reflète une superposition de traditions pastorales locales et théologiques, à l’image de ce que Luigi Gambero avait déjà observé chez saint Jean Chrysostome.
NB. Citons pour finir J. Joosten afin de consolider le propos :
« Dire quoi que ce soit sur l’histoire textuelle du Diatessaron implique plusieurs couches d’argumentation, chacune étant sujette à discussion. On construit une maison de cartes – ce n’est pas impossible, mais difficile, précaire, et toujours vulnérable à quelqu’un qui frappe sur la table. » (p. 56)
4. Luigi Gambero, Hilda Graef etc. et le « Baptême »
4.1. L’approche de Luigi Gambero
Ce texte examine l’interprétation de Gambero à l’égard de l’Immaculée Conception chez Saint Ephrem, tout en confrontant ses idées à d’autres points de vue et en soulignant un anachronisme.
4.1.1 L’insistance d’Éphrem :
L’insistance d’Éphrem sur la beauté spirituelle et la sainteté de Marie, ainsi que sur son absence de toute tache de péché, a conduit certains érudits à considérer qu’il était conscient du privilège de l’Immaculée Conception et à le désigner comme témoin du dogme.
Bien ou bien ?
Une interprétation partagée par d’autres érudits qui défendent également l’Immaculée conception « connue » chez Éphrem. C’est tellement beau de le redire !
4.1.2 Problématique historique :
Pourtant, il ne semble pas que notre auteur ait été familier du problème, du moins pas dans les termes dans lesquels il a été clarifié par la tradition ultérieure et la définition dogmatique de 1854.
Ici Georgel tir un formidable but contre son camp : Gambero cherche à éviter tout anachronisme, et avec raison ! Aucun père de l’Église n’avait alors formulé la notion de pré-rédemption de la Vierge Marie, concept fondamental du dogme de l’Immaculée Conception. Il s’agit d’une clé d’interprétation essentielle pour appréhender l’analyse des experts, notamment celle de Brian Reynolds, que Georgel a falsifié, comme nous l’avons évoqué en début d’article.
4.2. Les positions de Maxime Georgel, en général
4.2.1 Titres accrocheurs et sensationnalistes
Maxime Georgel n’a de cesse de sortir des titres racoleur :
- « Irénée de Lyon est Contre l’Immaculée Conception »
- « Saint Augustin est Contre la Transsubstantiation »
- Etc.
4.2.2 Analyse critique
Ces affirmations sont anachroniques !
- Irénée ne connaissait pas le dogme de l’Immaculée Conception,
- Augustin ignorait celui de la Transsubstantiation,
- Etc.
On fait un tir groupé, toutes, absolument toutes ces assertions sont fausses !
On pourrait hésiter à le formuler ainsi, mais cela illustre bien à quel point l’argument de Georgel est erroné. Si l’on applique ce principe de manière stricte, il faudrait alors opposer l’Ancien Testament (ou Moïse) au Christ et à la crucifixion, en s’appuyant sur ce passage :
Moïse contre la Crucifixion !
« Quand un homme, coupable d’un crime capital, aura été mis à mort et que tu l’auras pendu à un bois, son cadavre ne passera point la nuit sur le bois ; mais tu l’enterreras le jour même, car celui qui est pendu est un objet de malédiction auprès de Dieu, et tu ne souilleras point la terre que le Seigneur ton Dieu te donne pour héritage.« (Deutéronome 21, 22-23)
Le contexte global dans lequel vit un père de l’Eglise est le seul et unique cadre référentiel à utiliser pour comprendre sa pensé. Voila, ça, c’est dit.
C’est à partir de ce même cadre référentiel que la pensé de l’Eglise se développe.
4.3.3 Conclusion
Pour en revenir à Gambero, aucun père de l’Église n’a entrevu, médité, et réfuté la pré-rédemption de Duns Scot.
Les pères, comme tout le monde, ont eu des intuitions, mais il est essentiel de les replacer dans leur contexte historique et doctrinal.
- Par exemple, le concept d’universalité du salut ainsi que la doctrine du péché originel ont conduit les pères de l’Église à ne pas toujours reconnaître la sainteté parfaite de Marie dès sa conception.
Cette analyse souligne l’importance de ne pas projeter des concepts postérieurs sur des figures historiques et de respecter la chronologie du développement doctrinal.
4.4. Le baptême de Marie
Puis enfin, le baptême de Marie toujours chez Gambero et Hilda Graef. Ce baptême concerne la « naissance au Ciel de Marie, l’Assomption.
Ce « baptême » évoque ici son Assomption. C’est dans ce contexte que Martin Jugie interprète le « baptême de Marie », c’est à dire sa « nouvelle naissance », au Ciel, tandis que le P. Le Bachelet réfute l’idée que ce baptême soit lié au Péché Originel.
Pour plus de détails sur ce sujet, une analyse plus approfondie a déjà été proposée par Pro Ecclesia. ici.
4.5. Omission biaisée du texte de Brian Reynolds
La citation de Georgel :

Le texte original :
Pourtant, il serait erroné de penser que les Pères orientaux, même implicitement, déclarent que la Vierge était exempte de péché originel simplement parce qu’ils parlent de sa pureté de manière si catégorique. L’Église grecque était en grande partie indemne de l’enseignement d’Augustin sur le péché originel, et, comme nous le verrons, cela rendait la doctrine de l’Immaculée Conception inutile en Orient. L’obsession augustinienne du péché originel n’a jamais conduit à une exploration rigoureuse de la question de l’Immaculée Conception de Marie, contrairement à la logique scolastique qui allait caractériser l’Occident. Au contraire, la glorification (doxa) de Marie par les Pères grecs a été influencée par la notion de déification, c’est-à-dire que l’Incarnation a ouvert la voie aux humains pour s’unir à Dieu (theosis) ou pour devenir semblables à Dieu (homoiosis theou), et cela plus encore pour la Vierge. De plus, pour parler de Marie en ces termes, il suffisait de croire qu’elle avait été purifiée dans le sein maternel, à l’instar de Jean-Baptiste (ou, selon certains, au moment de l’Incarnation), plutôt qu’au moment même de sa conception. Dans l’Église grecque, une dichotomie particulière a longtemps persisté entre l’éloge exubérant et hyperbolique adressé à la Vierge et la croyance selon laquelle elle n’était pas totalement exempte de défauts, en particulier sa difficulté à accepter la Crucifixion de son Fils. 15
- Le texte en vert, est le texte supprimé par Georgel.
4.5.1. Une suppression du contexte théologique fondamental
Comparaison des débuts des deux versions :
- Texte falsifié :Ce serait une erreur de croire que les pères orientaux ont, même implicitement, déclaré que la Vierge était pure du péché originel simplement parce qu’ils ont évoqué sa pureté de manière si catégorique […]
- Texte original :Pourtant, il serait erroné de penser que les Pères orientaux, même implicitement, déclarent que la Vierge était exempte de péché originel simplement parce qu’ils parlent de sa pureté de manière si catégorique. L’Église grecque était en grande partie indemne de l’enseignement d’Augustin sur le péché originel, et, comme nous le verrons, cela rendait la doctrine de l’Immaculée Conception inutile en Orient.
Différence clé :
Dans le texte original, l’auteur explique pourquoi l’Immaculée Conception ne s’est pas développée en Orient, non par rejet de la pureté mariale, mais parce que l’Église grecque n’adhérait pas à la notion augustinienne du péché originel.
Dans le texte falsifié :
Ce raisonnement disparaît totalement. La suppression fait croire que les Pères orientaux nient la pureté mariale, alors que l’auteur original explique que leur cadre théologique ne nécessitait pas une telle formulation.
4.5.2 Une suppression de la théologie de la déification (théosis)
L’auteur original ne remet pas en cause la sainteté de Marie, mais souligne qu’en Orient, elle est comprise dans une dynamique de déification plutôt qu’à travers la notion de péché originel.
En supprimant cette explication, la version est falsifiée et laisse croire que les Pères grecs exagéraient la pureté mariale sans fondement théologique.
Conséquence :
Privé de ce passage, le lecteur est amené à penser que l’éloge marial des Pères grecs relève d’une simple amplification rhétorique, alors que l’auteur original démontrait qu’il s’appuyait sur une conception positive de la sanctification humaine.
- L’omission de plusieurs passages clés déforme profondément la pensée de l’auteur.
- Le texte falsifié modifie l’équilibre du propos, le rendant plus polémique et moins nuancé.
- Il suggère une opposition entre l’éloge de Marie et sa sainteté, alors que le texte original montre que cette exaltation repose sur une théologie bien définie.
5. Ephrem et Contre les Hérésies 19
Il est à noter que le texte cité par Georgel est absent des sources académiques, comme par exemple, l’ouvrage édité aux Belle Lettres. Et pour cause, Ephrem n’en serait pas l’auteur. Georgel insiste alors que ce point a déjà été clarifié, plusieurs fois :
6. Nouvelle Eve Mary in the Qur’an de Muna Tatari & Klaus von Stosch
Ce livre ne peut être considéré comme une source fiable en théologie chrétienne stricte pour plusieurs raisons, attestées par les citations de l’introduction :
6.1. Mise sur un pied d’égalité entre traditions
L’ouvrage cherche à « mettre en dialogue la croyance en Marie telle qu’elle est pratiquée dans l’Église catholique avec les preuves issues du Coran » ce qui implique que la tradition catholique n’est pas traitée comme détenant une vérité supérieure, mais comme l’une parmi d’autres. Une théologie chrétienne stricte, qui reconnaît une hiérarchie fondée sur la Révélation en Christ (cf. Dominus Iesus), ne peut accepter cette équivalence.
6.2. Méthodologie exégétique non ecclésiale
L’exégèse du livre s’appuie sur une approche diachronique et intertextuelle, « apprise d’Angelika Neuwirth et influencée par une méthode philologique ». Cette méthode historico-critique, qui remet en cause l’unité théologique issue de la Tradition vivante de l’Église, est incompatible avec l’herméneutique ecclésiale, qui lit la Bible à la lumière du Christ et du Magistère.
6.3. Dialogue interreligieux et relativisation dogmatique
En cherchant à « tirer des déductions normatives concernant la foi islamique » tout en établissant un enrichissement mutuel entre la lecture coranique et la mariologie catholique, l’ouvrage relativise la vérité dogmatique propre à la Révélation chrétienne. Cette ouverture vers la théologie musulmane va à l’encontre d’une approche doctrinale stricte, qui repose sur l’Incarnation du Verbe et la maternité divine de Marie (Théotokos) proclamée par St Ephrem et nié par l’islam.
6.4. Absence d’engagement avec le Magistère
Le livre ne fonde pas son analyse sur les dogmes mariaux définis par l’Église (Immaculée Conception, Virginité perpétuelle, Assomption), mais s’appuie sur une démarche comparative historique et intertextuelle. Par exemple, il commence par « une présentation de la croyance en Marie dans la tradition chrétienne » sans ancrer l’analyse dans l’autorité magistérielle. Le théologien « catholique » concèdera même :
- « Marie a même été transformée en protagoniste de politiques impérialistes et en une sorte de déesse de la guerre. »
- « Conformément à notre objectif de discuter de la tradition coranique lorsqu’elle touche Marie » p.42; «
- Une telle assimilation de la mariologie et de la christologie ne trouve pas de fondement dans la Bible » p.44
- « Il est intéressant de noter les tentatives répétées faites dans la tradition occidentale-latine pour manipuler le texte biblique afin de justifier l’élévation du rôle de la mariologie. » p.44
- Etc.
Est-il vraiment nécéssaire de commenter ?
Conclusion
En résumé, ce livre, en accordant des concessions à la théologie musulmane et en prônant un dialogue interreligieux égalitaire, ne peut être utilisé comme source en théologie chrétienne stricte. Sa méthode historico-critique, sa relativisation des vérités dogmatiques et son absence d’engagement envers le Magistère remettent en cause la primauté de la Révélation en Christ, condition sine qua non pour une approche doctrinale chrétienne.
Récapitulatif de ce que disent réellement quelques théologiens catholiques :
- Brian Reynolds dans Gateway to Heaven: Marian Doctrine and Devotion, Image and Typology in the Patristic and Medieval Periods: Volume I: Doctrine and Devotion p.331 :
« Bien que les premiers Pères de l’Église ne considèrent même pas la possibilité de l’Immaculée Conception, ils perçoivent néanmoins que Marie devait être d’une certaine manière exemptée de la condition postlapsarienne [Après la chute] normale pour devenir la Mère de Dieu. Cela établit ainsi un principe fondamental concernant l’absence de péché en Marie. »
- O’Carroll dans Theotokos p.131: «
St Ephrem insiste tellement sur l’absence de péché de Marie qu’il est invoqué comme un défenseur du dogme de l’Immaculée Conception.
- Manelli All generations shall call me Blessed: Biblical mariology p.73 :
Pris dans son ensemble, le Cantique des Cantiques exprime donc, à travers une riche allégorie poétique, la réalité de l’amour de Dieu pour son épouse choisie, sans péché ni tache, toute belle et innocente. Cette « épouse » est le « nouvel Israël », c’est-à-dire l’Église « sans tache ni ride » (Éph 5,27) ; cette « épouse » est chaque âme chrétienne se donnant à Dieu dans la pureté et la sainteté ; cette « épouse », de manière parfaite et éminente, est la Très Sainte Marie, et elle seule, l’Immaculée, qui est « toute belle » par excellence et « sans tache » par excellence.
Il est intéressant de noter que le sensus fidei de l’Église, tel qu’il s’exprime dans la liturgie en appliquant à Marie les passages du Cantique des Cantiques, est en pleine conformité avec l’interprétation mariologique soutenue par des Pères et écrivains ecclésiastiques tels que saint Hippolyte, saint Éphrem (surtout), saint Ambroise, saint Jérôme, saint Épiphane, saint Sophrone, saint Jean Damascène, saint Germain, saint Pierre Damien, Rupert de Deutz, Alain de Lille, etc.²⁴
24. Cf. l’étude précise et approfondie de A. Rivera, C.M.F., « Sentido mariológico del Cantar de los Cantares », Ephemerides Mariologicae 1 (1951) : 437-68 ; 2 (1952) : 25-42.
- Luigi Gambero Mary and the Fathers of the Church: The Blessed Virgin Mary in Patristic Thought p.100 :
L’insistance d’Éphrem sur la beauté spirituelle et la sainteté de Marie, ainsi que sur son absence de toute tache de péché, a conduit certains érudits à considérer qu’il était conscient du privilège de l’Immaculée Conception et à le désigner comme témoin du dogme.

- Brian Reynolds Gateway to Heaven: Marian Doctrine and Devotion, Image and Typology in the Patristic and Medieval Periods: Volume I: Doctrine and Devotion p.331 ↩︎
- Cf. Petersen, « Remarks on the Integrity », page 201 note 16. ↩︎
- Cf. CDiat I, page 25 note 7. ↩︎
- 13 Cf. Petersen, « Remarks on the Integrity », p.200. ↩︎
- Ephrem le Syrien, Opera graece et latine, éd. Assemani S., Rome 1740, III, 529. ↩︎
- Ibid., 547 ↩︎
- Ibid., 524 ↩︎
- Idem, Hymni et sermones: Hymnus XIII de beata Maria, 5-6, (éd. Lamy J., II, Malines 1886, 578) : « Quadruplici sua facie cherubim pares tibi sanctitate non sunt… nec tibi puritate pares tibi sunt legiones angelorum » ↩︎
- Idem, Hymnus XIV de beata Maria (Ibid., 578) ↩︎
- Idem, Hymnus I de beata Maria, 13, (Ibid., 524) ↩︎
- Idem, In Genesim, III, 6. Opera syriace et latine, (éd. Assemani S., II, 327). ↩︎
- Idem, Carmina Nisibena (éd. Bickell G., Leipzig 1866, 122). Ce poème fut écrit en 370 ↩︎
- Aucher J. B.-Moesinger G., Evangelii concordantis expositio facta a S. Ephraemo, Venise 1876, 52-54. ↩︎
- Voir Oritz De Urbina I., La mariologia nei Padri siriaci, dans Orientalia christiana periodica (1935) 108-109 ; Idem, Lo sviluppo della mariologia nella patrologia orientale, dans la même Revue 6 (1940) 60-61. ↩︎
- Brian Reynolds Gateway to Heaven: Marian Doctrine and Devotion, Image and Typology in the Patristic and Medieval Periods: Volume I: Doctrine and Devotion p.333-334 ↩︎
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2 commentaires sur “Saint Ephrem et l’Immaculée Concepion, Maxime Georgel et les falsifications”