Figure de l'Eglise·Immaculée Conception·Marie Médiatrice·Modèle de pureté·Nouvelle Eve·Porte du Ciel·Virginité Perpétuelle

Marie : Modèle de Virginité et de Maternité chez Saint Augustin

1. Introduction générale : Contexte théologique de Saint Augustin et importance de la virginité

Saint Augustin, dans De la sainte virginité, s’inscrit dans une tradition chrétienne qui valorise la continence et la virginité comme des états supérieurs à la chasteté conjugale. Il ne condamne pas le mariage, mais souligne la supériorité spirituelle de la virginité lorsqu’elle est choisie librement par amour pour Dieu. Ce texte s’adresse aux vierges consacrées et vise à leur fournir un soutien théologique et pratique, tout en défendant la virginité contre certaines critiques ou malentendus.

1.1. Contexte théologique : Virginité et chasteté dans le christianisme ancien

Saint Augustin établit dès le départ une hiérarchie entre mariage et virginité :

Le mariage est bon, mais la virginité est meilleure. Il rappelle qu’il ne s’agit pas de condamner le mariage, mais de reconnaître que la virginité représente un idéal supérieur, car elle rapproche l’âme de la perfection divine. Il écrit :« Dans la personne de ces patriarches se préparaient et s’enfantaient les événements futurs. […] Cherchons-la uniquement dans la profondeur des desseins du ciel » (Chapitre I).

Cette citation montre que les patriarches, bien qu’ayant servi à préparer la venue du Christ, ne surpassent pas la grandeur spirituelle de la virginité.

Une vision eschatologique de la virginité : Saint Augustin insiste sur le fait que la virginité est un bien qui dépasse la vie terrestre. Il écrit que la continence n’est pas seulement pour la vie présente mais surtout pour la vie éternelle :

« Celui qui est sans épouse s’occupe de ce qui est de Dieu et de ce qui peut lui plaire; tandis que celui qui est marié s’occupe des choses du monde et cherche à plaire à sa femme » (Chapitre XXII).

Ici, Augustin montre que l’état de virginité favorise une dévotion totale à Dieu, sans distractions terrestres.


1.2. Objectifs de Saint Augustin : Préserver la virginité et cultiver l’humilité

Saint Augustin s’adresse aux vierges consacrées en leur rappelant leur privilège tout en les exhortant à l’humilité :

L’humilité comme protection de la virginité : Dès le premier chapitre, Augustin exhorte les vierges à ne pas mépriser ceux qui sont mariés, rappelant que leur don est un privilège reçu de Dieu, et non une raison de se glorifier. Il écrit :

« Nous leur disions de refouler dans leur âme tout sentiment de mépris à l’égard de ces pères et de ces mères, nobles ancêtres du peuple de Dieu » (Chapitre I).

Cela souligne l’importance de l’humilité dans la vie des vierges consacrées.

Conseils pour exalter la virginité sans orgueil : Saint Augustin souhaite « exalter la virginité pour la faire aimer » tout en donnant des conseils pour « l’empêcher de s’élever » (Chapitre I).

Ces recommandations montrent qu’il perçoit la virginité non seulement comme une grâce mais aussi comme une responsabilité spirituelle.


1.3. La vocation virginale : Un choix libre et spirituel

Pour Saint Augustin, la virginité est d’autant plus méritoire qu’elle est librement choisie. Elle n’est pas imposée, même pas à la Vierge Marie, mère du Christ. Il écrit à ce sujet :

« Jésus-Christ montra qu’il préférait approuver la virginité plutôt que de l’imposer. Ainsi voulut-il que la virginité fût libre jusque dans la femme qu’il prit pour sa Mère » (Chapitre IV).

Cette liberté du choix est essentielle dans la théologie augustinienne : elle valorise l’amour de Dieu et distingue la virginité comme une vertu de surérogation, c’est-à-dire un acte libre qui dépasse ce qui est strictement exigé par les préceptes divins.


Conclusion

Le contexte théologique de Saint Augustin inscrit la virginité dans une vision eschatologique et spirituelle, tout en valorisant le mariage comme un bien légitime. La virginité, bien que supérieure, doit être portée avec humilité et perçue comme un don de Dieu. Ces idées permettent à Augustin de tracer une voie équilibrée entre l’exaltation de la virginité et le respect des autres états de vie.

2. La supériorité de la virginité selon Saint Augustin

Saint Augustin, dans De la sainte virginité, établit une distinction claire entre le mariage et la virginité, qu’il considère comme un état supérieur sur le plan spirituel. Cependant, il insiste sur le respect des deux vocations, affirmant que la virginité n’existe que par un choix libre et dévot. Ce point s’articule autour de trois axes principaux : la supériorité spirituelle de la virginité, son lien avec l’humilité et son opposition bienveillante à la chasteté conjugale.


2.1. La virginité : un état spirituellement supérieur

Saint Augustin affirme que la virginité dépasse la chasteté conjugale, non pour dénigrer le mariage, mais pour exalter la continence comme une voie privilégiée vers Dieu. Il précise que cette supériorité réside dans la dévotion totale à Dieu qu’elle permet, en opposition aux préoccupations terrestres liées au mariage.

Supériorité intrinsèque de la virginité :« Que la fécondité conjugale se garde donc de disputer la supériorité à l’intégrité virginale » (Chapitre VII).

Selon Augustin, la virginité est un idéal supérieur, car elle symbolise une pureté totale, à la fois corporelle et spirituelle, orientée exclusivement vers Dieu.

Une imitation de la vie angélique : La virginité est comparée à la vie céleste et angélique :« L’intégrité virginale, la continence absolue et l’incorruptibilité perpétuelle dans une chair corruptible nous élèvent à la dignité des anges » (Chapitre XIII).

Par ces paroles, Saint Augustin lie la virginité à une anticipation de la vie éternelle, où les préoccupations terrestres comme le mariage n’ont plus de place.


2.2. Le respect mutuel entre virginité et mariage

Saint Augustin s’efforce de promouvoir la virginité sans condamner le mariage, affirmant que ces deux vocations sont voulues par Dieu, mais qu’elles ont des mérites différents. Cette position vise à éviter tout sentiment de mépris ou de conflit entre les vierges et les mariés.

Ne pas condamner le mariage : « Celui qui marie sa fille fait bien, mais celui qui ne la marie pas fait encore mieux » (Chapitre XVIII).

Cette citation illustre la distinction entre les deux états : le mariage est bon, mais la virginité est meilleure. Cependant, Augustin insiste sur le fait que cette supériorité ne doit pas être utilisée pour critiquer les époux.

Une coopération entre mariage et virginité : Augustin souligne que les vierges consacrées ne naissent pas uniquement du mariage, mais aussi de la foi en l’Église :

« Toute fécondité corporelle est impuissante à enfanter ces vierges ; elles ne naissent ni de la chair ni du sang » (Chapitre XII).

Ainsi, bien que les mariages soient nécessaires pour perpétuer l’espèce humaine, la virginité trouve son origine dans une fécondité spirituelle et non corporelle.


2.3. La virginité et l’humilité : une supériorité qui ne doit pas s’élever

Saint Augustin met en garde les vierges consacrées contre l’orgueil spirituel. Bien que la virginité soit un état supérieur, elle n’a de valeur que si elle est vécue dans une humilité profonde.

Un appel à l’humilité :« Nous devons exalter la virginité pour la faire aimer, mais nous devons aussi lui donner des conseils pour l’empêcher de s’élever » (Chapitre I).

Cette recommandation montre que la valeur de la virginité réside autant dans la pureté du cœur que dans l’intégrité corporelle.

L’exemple de Marie : Marie est le modèle parfait de cette humilité : elle est vierge et mère, mais n’a jamais cherché à s’élever au-dessus des autres. Augustin rappelle :

« Marie fut plus heureuse en recevant la foi de Jésus-Christ qu’en enfantant sa chair » (Chapitre III).

Cette déclaration insiste sur la primauté de la foi et de l’humilité, même pour la mère de Jésus.


2.4. Une liberté valorisée dans le choix de la virginité

La virginité, selon Augustin, n’est jamais imposée par un commandement divin. Elle est un choix libre et volontaire, ce qui la rend encore plus précieuse.

Un acte libre dicté par l’amour de Dieu : « Jésus-Christ montra qu’il préférait approuver la virginité plutôt que de l’imposer » (Chapitre IV).

Cette liberté de choix montre que la virginité est une offrande faite à Dieu par amour, et non une obligation.

Un conseil, non un précepte : « Je pense donc qu’à raison de la nécessité présente, c’est un bien de rester vierge ; mais ce n’est pas un précepte que j’impose, je n’en ai reçu aucun » (Chapitre XV).

Par ces mots, Saint Augustin précise que la virginité est une voie d’excellence, mais qu’elle n’est pas une condition obligatoire pour obtenir le salut.


Conclusion

Pour Saint Augustin, la virginité est un état spirituel supérieur, non parce qu’elle diminue la valeur du mariage, mais parce qu’elle permet une dévotion totale à Dieu. Toutefois, cette supériorité doit être vécue dans une profonde humilité, à l’image de la Vierge Marie. En promouvant la virginité comme un choix libre et non une obligation, Augustin en fait une expression de l’amour divin et une anticipation de la gloire céleste.

3. Marie, modèle unique de virginité et maternité

Dans De la sainte virginité, Saint Augustin consacre une place essentielle à la Vierge Marie, qu’il présente comme un modèle parfait de virginité et de maternité. Il souligne que Marie incarne l’idéal de la virginité chrétienne tout en assumant une maternité unique, celle de Jésus-Christ, sans perdre son intégrité corporelle et spirituelle. Ce paradoxe glorieux de virginité et fécondité sert à magnifier l’exemple de Marie, tout en affirmant la prééminence de la virginité consacrée.


3.1. Marie : Mère et Vierge, un modèle unique

Marie est décrite par Augustin comme la seule femme ayant réuni en elle deux états habituellement perçus comme incompatibles : être vierge et mère.

Marie comme mère et vierge corporelle et spirituelle : « Ainsi Marie est l’unique femme dont on puisse dire qu’elle est tout à la fois mère et vierge, non-seulement d’esprit mais aussi de corps » (Chapitre VI).

Augustin souligne ici la singularité de Marie, mère de Jésus-Christ, qui, par un miracle divin, a conçu et enfanté tout en restant vierge.

Une fécondité spirituelle : Marie est mère non seulement corporelle, mais aussi spirituelle, par son rôle dans l’engendrement de l’Église. Augustin affirme :

« Marie a enfanté corporellement le Chef de cette famille ; l’Église enfante spirituellement les membres de ce Chef » (Chapitre II).

Cette double maternité fait de Marie un modèle pour l’Église, vierge et mère à son image.


3.2. La virginité librement choisie de Marie

Saint Augustin insiste sur le fait que la virginité de Marie n’a pas été imposée par Dieu, mais qu’elle découle d’un choix libre et volontaire, ce qui en rehausse le mérite.

Marie consacrée à Dieu avant l’Annonciation : « Comment cela pourra-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » (Chapitre IV).

Cette réponse de Marie à l’ange montre, selon Augustin, qu’elle avait déjà voué sa virginité à Dieu avant de savoir qu’elle deviendrait la mère du Sauveur. C’est une preuve de son engagement libre et pieux.

Un vœu de virginité, non imposé : « Jésus-Christ montra qu’il préférait approuver la virginité plutôt que de l’imposer » (Chapitre IV).

Dieu, respectant la liberté de Marie, lui a permis de choisir la virginité comme un acte d’amour envers lui, montrant ainsi que la virginité est une offrande volontaire et non un commandement.


3.3. Le rôle de Marie dans l’économie du salut

Marie occupe une place unique dans l’économie du salut par son rôle de mère du Sauveur et par son choix de virginité. Elle est un exemple de collaboration avec la volonté divine.

Une maternité nécessaire pour le Sauveur :« Celle-ci ne pouvait enfanter convenablement que Celui dont la naissance miraculeuse est sans égale dans la nature » (Chapitre V).

Augustin explique que la maternité de Marie était indispensable pour que le Christ prenne une nature humaine, tout en montrant que cette maternité est directement liée à son engagement virginal.

La foi de Marie au-dessus de sa maternité : « Marie fut donc plus heureuse en recevant la foi de Jésus-Christ, qu’en enfantant sa chair » (Chapitre III).

Cette déclaration souligne que, pour Augustin, la grandeur de Marie réside moins dans son rôle biologique de mère que dans sa foi et son obéissance à Dieu.


3.4. La virginité et la maternité : une inspiration pour tous les états de vie

Augustin ne limite pas le modèle de Marie aux seules vierges, mais en fait un exemple pour tous les chrétiens. Sa maternité et sa virginité inspirent des comportements adaptés à différents états de vie.

Les vierges consacrées : Marie est un modèle à suivre, non seulement pour sa virginité, mais pour son humilité et sa dévotion :

« Marie voua donc sa virginité quand elle ignorait encore son futur et miraculeux enfantement » (Chapitre IV).

Les femmes mariées : Pour celles qui vivent dans le mariage, Marie reste un exemple de maternité spirituelle, car même dans le mariage, la foi et la charité doivent être au cœur de la vie chrétienne.


Conclusion

Marie, selon Saint Augustin, est le modèle par excellence de la virginité et de la maternité, réunissant ces deux états dans une harmonie parfaite. Elle transcende les distinctions terrestres entre vierges et mariées pour devenir une figure universelle, à la fois mère corporelle du Christ et mère spirituelle des fidèles. Sa virginité volontaire et sa maternité divine montrent comment une vie consacrée à Dieu peut être porteuse de salut et de fécondité spirituelle.

4. La virginité comme état spirituel et charnel

Saint Augustin, dans De la sainte virginité, insiste sur la nature double de la virginité : elle est à la fois corporelle et spirituelle, chaque dimension renforçant l’autre. Il établit un lien étroit entre la pureté physique et la dévotion intérieure, tout en plaçant la virginité au sommet des états de vie, non seulement pour ses implications charnelles, mais surtout pour ses vertus spirituelles et eschatologiques. Il traite également de la relation entre la virginité et l’Église, la décrivant comme une virginité communautaire et féconde.


4.1. La virginité : Une pureté intégrale du corps et de l’esprit

Pour Augustin, la virginité n’est pas simplement une question d’intégrité corporelle. Elle repose avant tout sur une consécration spirituelle à Dieu, où la pureté de l’âme est inséparable de celle du corps.

La continence corporelle : une offrande religieuse Augustin insiste sur le fait que la virginité n’est pas un simple état corporel mais un acte d’offrande à Dieu, qui exige une intention spirituelle profonde :

« Aucune fécondité de la chair ne peut donc être comparée à la sainte virginité, même à la virginité corporelle. Si nous honorons cette virginité, ce n’est pas en tant qu’elle est virginité, mais en tant qu’elle est consacrée à Dieu » (Chapitre VIII).

Par ces mots, il affirme que la virginité tire sa valeur de la dévotion religieuse qui l’accompagne, et non de la simple absence de relations charnelles.

Une pureté intégrale : « De même que toute souillure, avant de se produire dans le corps, a déjà été conçue dans l’esprit, de même la chasteté du corps suppose toujours la chasteté de l’esprit » (Chapitre VIII).

Ici, Augustin montre que la virginité corporelle doit être soutenue par une pureté intérieure, car c’est dans l’âme que se trouve la racine de toute sainteté.


4.2. La virginité comme imitation angélique et anticipation du ciel

La virginité, pour Augustin, est une anticipation de la vie céleste. Elle reflète la pureté et la dévotion des anges et prépare l’âme à la gloire éternelle.

Un état supérieur à la fécondité charnelle : Augustin affirme que la virginité corporelle, quand elle est vouée à Dieu, dépasse de loin la fécondité physique du mariage :

« L’intégrité virginale, la continence absolue et l’incorruptibilité perpétuelle dans une chair corruptible, nous élèvent à la dignité des anges » (Chapitre XIII).

Cette déclaration place la virginité comme un état qui dépasse les préoccupations terrestres et rapproche les humains de l’état angélique.

Préparation au royaume des cieux : « Celui qui est sans épouse s’occupe de ce qui est de Dieu et de ce qui peut lui plaire » (Chapitre XXII).

La virginité permet une attention exclusive aux choses divines, en opposition au mariage qui divise les préoccupations entre le monde et Dieu. Augustin explique que la virginité est une forme d’exercice spirituel qui prépare directement à la vie éternelle.


4.3. La virginité de l’Église : une virginité communautaire et spirituelle

Saint Augustin utilise l’image de l’Église pour élargir la notion de virginité, montrant qu’elle dépasse le cadre individuel. L’Église est décrite comme une vierge collective, unie au Christ, et en même temps comme une mère spirituelle.

L’Église, vierge et mère spirituelle : « L’Église universelle est tout à la fois vierge et épouse de Jésus-Christ […] L’Église est en même temps vierge et mère » (Chapitre II).

Cette vision montre que la virginité spirituelle de l’Église est compatible avec sa fécondité dans l’engendrement des fidèles.

Une maternité spirituelle pour les vierges : Les vierges consacrées sont encouragées à devenir mères spirituelles en suivant l’exemple de Marie. Augustin écrit :

« En accomplissant la volonté du Père céleste, elles deviennent réellement avec Marie, mères de Jésus-Christ » (Chapitre V).

Cette maternité spirituelle est perçue comme une fécondité supérieure à la procréation physique.


4.4. Une opposition constructive au mariage et à la procréation physique

Bien qu’Augustin exalte la virginité, il ne condamne pas le mariage. Cependant, il établit une distinction claire entre la procréation charnelle, qui appartient au domaine terrestre, et la fécondité spirituelle, qui mène à la vie éternelle.

La procréation terrestre limitée par le baptême : « Ce ne sont pas des chrétiens qui naissent de leur chair; pour le devenir, il faut que l’Église, déjà vierge spirituelle du Sauveur, et spirituellement la mère de ses membres, les enfante, leur donne une naissance nouvelle » (Chapitre VII).

Ici, Augustin montre que la naissance spirituelle par le baptême est supérieure à la naissance physique, soulignant ainsi la primauté de la virginité spirituelle.

Une coopération entre mariage et virginité : Bien qu’il exalte la virginité, il reconnaît que les mariages permettent de donner naissance à ceux qui, plus tard, peuvent choisir la virginité consacrée :

« Malgré le mariage, on ne saurait naître avec la sainte virginité » (Chapitre X).

Cette reconnaissance montre qu’Augustin voit dans le mariage une étape nécessaire dans le dessein divin, mais qui ne remplace pas l’excellence de la virginité.


4.5. La virginité comme un bien supérieur, mais non imposé

Saint Augustin insiste sur le caractère volontaire de la virginité. Elle est un conseil et non un commandement, ce qui renforce sa valeur comme une offrande librement faite à Dieu.

Un sacrifice libre :« Jésus-Christ montra qu’il préférait approuver la virginité plutôt que de l’imposer » (Chapitre IV).

La liberté de choisir la virginité reflète un engagement plus profond et un amour sincère pour Dieu.

Un bien supérieur non obligatoire :« Je n’ai sur la virginité aucun précepte divin à imposer » (Chapitre XV).

Augustin rappelle que la virginité n’est pas essentielle pour le salut, mais qu’elle représente un bien supérieur pour ceux qui en sont capables.


Conclusion

Saint Augustin développe une conception riche et nuancée de la virginité comme une pureté totale du corps et de l’esprit, une imitation angélique, et une anticipation de la vie éternelle. Il met en parallèle la virginité individuelle et celle de l’Église, montrant que cette vertu ne se limite pas à une absence d’activité charnelle, mais qu’elle est une consécration intégrale à Dieu. En soulignant que la virginité est un choix libre et volontaire, il en fait une offrande spirituelle suprême, surpassant la procréation physique tout en respectant le rôle du mariage.

5. Arguments théologiques en faveur de la virginité

Dans De la sainte virginité, Saint Augustin développe des arguments théologiques solides pour justifier la supériorité de la virginité consacrée. Il base ses réflexions sur l’Écriture sainte et les doctrines chrétiennes, en montrant que la virginité est une imitation directe du Christ, un état librement choisi et une voie d’excellence menant à des récompenses spécifiques dans la vie éternelle. Augustin présente également des exemples bibliques pour souligner la prééminence spirituelle de la virginité et son rôle dans le salut.


5.1. La virginité, une imitation de Jésus-Christ

Saint Augustin lie la virginité à une imitation de Jésus-Christ, qui lui-même incarne l’idéal de pureté et de consécration totale à la volonté de Dieu.

Jésus-Christ, modèle de virginité : « Jésus-Christ, Fils d’une Vierge, né corporellement d’un sein virginal et uni spirituellement par un mariage virginal » (Chapitre II).

En prenant naissance dans une vierge et en restant lui-même vierge, le Christ établit un modèle de pureté que les chrétiens peuvent imiter, en particulier ceux qui choisissent la virginité consacrée.

L’imitation angélique : « Dans ce royaume immortel, quelque grande récompense est spécialement réservée à ceux qui, dans leur chair, ont quelque chose qui n’est pas de la chair » (Chapitre XIII).

La virginité, selon Augustin, est une forme d’imitation des anges, qui vivent éternellement dans la pureté et la dévotion à Dieu.


5.2. La virginité comme état libre et supérieur

Un des arguments centraux d’Augustin est que la virginité, bien qu’elle soit un état supérieur, reste un choix libre et volontaire. Ce caractère non obligatoire en fait une offrande particulièrement précieuse.

Un acte volontaire dicté par l’amour de Dieu : « Jésus-Christ montra qu’il préférait approuver la virginité plutôt que de l’imposer » (Chapitre IV).

Par cette liberté, la virginité devient une expression d’amour authentique envers Dieu, une subrogation et non une obligation.

Un conseil, non un précepte :

« Je n’ai sur la virginité aucun précepte divin à imposer ; c’est un conseil que je donne » (Chapitre XV).

Augustin met en avant le fait que la virginité n’est pas nécessaire au salut, mais qu’elle représente une excellence spirituelle accessible à ceux qui en sont capables.


5.3. Récompenses célestes spécifiques pour les vierges

Saint Augustin insiste sur les récompenses particulières réservées aux vierges dans le Royaume des cieux, qu’il tire des enseignements bibliques et de la tradition chrétienne.

Un statut unique dans l’éternité : « Je leur donnerai dans ma maison la place par excellence, une gloire beaucoup plus belle qu’aux fils et aux filles » (Chapitre XXV, citant Isaïe 56, 5).

Par cette promesse, Augustin montre que la virginité n’est pas seulement utile dans la vie présente, mais qu’elle ouvre la voie à une gloire incomparable dans l’au-delà.

Un cantique unique réservé aux vierges : « Vous seuls pourrez chanter ce cantique […] Vous suivez l’Agneau partout où il va » (Chapitre XXVII, citant Apocalypse 14, 4).

Les vierges, en imitant la pureté de l’Agneau, ont le privilège d’un lien particulier avec Jésus-Christ, symbolisé par un cantique réservé à leur groupe dans le ciel.


5.4. Arguments bibliques : la continence pour le Royaume des cieux

Saint Augustin s’appuie sur des passages scripturaires pour appuyer ses arguments en faveur de la virginité, notamment ceux où Jésus et les Apôtres exaltent la continence.

Les paroles de Jésus : « Il en est qui se rendent eunuques en vue du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre, comprenne » (Chapitre XXIII, citant Matthieu 19, 12).

Cette déclaration du Christ sert de fondement à la théologie de la virginité volontaire, qui est orientée vers une récompense céleste et non vers des avantages terrestres.

L’enseignement de Saint Paul : « Celui qui est sans épouse s’occupe de ce qui est de Dieu et de ce qui peut lui plaire » (Chapitre XXII, citant 1 Corinthiens 7, 32).

Paul affirme que la virginité permet une dévotion totale à Dieu, libérée des préoccupations matérielles ou conjugales.


5.5. La virginité comme voie d’excellence dans la foi

Augustin décrit la virginité comme un état qui transcende les nécessités du mariage tout en respectant celui-ci. Elle permet une concentration plus grande sur les choses divines.

Un sacrifice supérieur au mariage : « Celui qui marie sa fille fait bien, mais celui qui ne la marie pas fait encore mieux » (Chapitre XVIII).

La virginité est donc une voie « meilleure », mais elle ne diminue pas la valeur du mariage, qu’Augustin considère comme un bien.

Une élévation spirituelle :« Dans le ciel, il est une gloire qui ne sera accordée qu’à quelques-uns des vainqueurs, à ceux-là seulement qui auront voué librement quelque sacrifice au Rédempteur » (Chapitre XIV).

Les vierges, par leur consécration libre et totale, reçoivent une gloire spécifique qui les distingue des autres élus dans le Royaume de Dieu.


5.6. La virginité et la maternité spirituelle

Même dans la virginité, Augustin voit une forme de fécondité, non pas charnelle, mais spirituelle, qui participe à l’édification de l’Église.

Fécondité spirituelle des vierges :« En accomplissant la volonté du Père céleste, elles deviennent réellement avec Marie, mères de Jésus-Christ » (Chapitre V).

Cette maternité spirituelle transcende la procréation physique, en participant activement à l’engendrement des fidèles dans la foi.

Un rôle dans l’Église : Les vierges, comme l’Église, participent à la mission de transmettre et d’élever les âmes vers Dieu. Elles incarnent la pureté de l’Église en tant qu’épouse du Christ.


Conclusion

Saint Augustin utilise des arguments théologiques et scripturaires pour défendre la virginité comme un état supérieur, mais non obligatoire. Il la lie à une imitation directe de Jésus-Christ et des anges, tout en montrant qu’elle mène à des récompenses spécifiques dans le Royaume des cieux. Ces récompenses, combinées à une fécondité spirituelle et une dévotion totale à Dieu, placent la virginité consacrée au sommet des vertus chrétiennes, tout en respectant le rôle du mariage dans le plan divin.

6. La Vierge Marie comme modèle parfait

Dans De la sainte virginité, Saint Augustin élève la Vierge Marie au rang de modèle parfait, incarnant une union unique entre la virginité et la maternité. Par sa vie, Marie représente un idéal spirituel pour les vierges consacrées, mais aussi pour toute l’Église. Elle est à la fois vierge dans son corps et son esprit, et mère dans le sens physique (en donnant naissance à Jésus) et spirituel (par son rôle dans l’économie du salut). Augustin explore ces dimensions pour montrer comment Marie dépasse les états de vie ordinaires, tout en restant accessible comme exemple à imiter.


6.1. Marie, vierge et mère : un modèle unique

Saint Augustin insiste sur la singularité de Marie, qui réalise ce que personne d’autre ne peut accomplir : être vierge et mère à la fois, dans le corps et l’esprit.

Un miracle unique dans l’histoire du salut :« Ainsi Marie est l’unique femme dont on puisse dire qu’elle est tout à la fois mère et vierge, non seulement d’esprit mais aussi de corps » (Chapitre VI).

Cette citation met en lumière l’exceptionnalité de Marie, qui transcende les catégories humaines. En donnant naissance à Jésus sans perdre sa virginité, elle devient un exemple parfait de pureté et de fécondité spirituelle.

Une virginité respectée dans la maternité : Marie n’a pas seulement conçu sans perdre sa virginité, mais elle a aussi conservé une intégrité parfaite avant, pendant et après l’enfantement. Ce fait souligne, selon Augustin, que sa virginité est directement liée à son rôle divin et dépasse les limites humaines.


6.2. La foi de Marie : au-delà de la maternité physique

Pour Augustin, la grandeur de Marie réside moins dans sa maternité biologique que dans sa foi et son obéissance à Dieu. Sa maternité physique est un outil dans le plan divin, mais c’est par sa foi qu’elle participe pleinement au salut.

La foi, une maternité spirituelle :« Marie fut donc plus heureuse en recevant la foi de Jésus-Christ qu’en enfantant sa chair » (Chapitre III).

Cette affirmation place la foi de Marie au-dessus de son rôle biologique. En acceptant avec humilité le dessein de Dieu, elle devient un modèle pour les croyants, vierges ou mariés.

Un cœur avant tout consacré à Dieu :« La maternité même de Marie n’eût été pour elle d’aucune utilité si en portant Jésus-Christ dans sa chair, elle ne l’avait porté plus heureusement dans son cœur » (Chapitre III).

Ici, Augustin souligne que la maternité physique sans une dévotion spirituelle à Dieu n’a aucune valeur. Ce rappel place l’accent sur la foi et l’amour divin comme fondements de la vocation de Marie.


6.3. Marie comme modèle pour l’Église

Saint Augustin voit en Marie une figure symbolique de l’Église, qui est à la fois vierge et mère. Cette comparaison fait de Marie un modèle collectif pour toute la communauté chrétienne.

L’Église, vierge et mère à l’image de Marie :« L’Église est tout à la fois vierge et épouse de Jésus-Christ, selon la parole de l’Apôtre » (Chapitre II).

L’Église est vierge dans sa foi pure et son intégrité spirituelle, mais aussi mère par sa mission d’engendrer des âmes nouvelles dans le Christ. Cette double vocation reflète celle de Marie.

La maternité spirituelle de Marie et de l’Église :« Marie a enfanté corporellement le Chef de cette famille ; l’Église enfante spirituellement les membres de ce Chef » (Chapitre II).

Cette image lie directement Marie à l’Église, où sa maternité physique du Christ devient un symbole de la fécondité spirituelle de l’Église envers les fidèles.


6.4. Une inspiration pour les vierges consacrées

Marie est une figure centrale pour les vierges consacrées, car elle montre que la virginité ne diminue pas la capacité à produire du fruit. Elle est le modèle de la fécondité spirituelle dans la continence.

Un exemple d’union entre virginité et maternité :« Celle-ci ne pouvait enfanter convenablement que Celui dont la naissance miraculeuse est sans égale dans la nature » (Chapitre V).

Cette déclaration souligne que la virginité consacrée, comme celle de Marie, peut produire des fruits spirituels incomparables, par une totale soumission à Dieu.

Les vierges comme mères spirituelles :« En accomplissant la volonté du Père céleste, elles deviennent réellement avec Marie, mères de Jésus-Christ » (Chapitre V).

Les vierges consacrées participent à la maternité spirituelle de Marie en portant Jésus dans leur cœur et en aidant à engendrer des âmes pour le Royaume de Dieu.


6.5. L’humilité de Marie comme leçon essentielle

Augustin rappelle que la grandeur de Marie est inséparable de son humilité. Bien qu’elle ait été choisie pour une mission unique, elle ne s’est jamais glorifiée de son rôle.

Une virginité vécue dans l’humilité :« Marie voua donc sa virginité quand elle ignorait encore son futur et miraculeux enfantement » (Chapitre IV).

Cette attitude montre que la virginité de Marie était un choix d’amour et de dévotion à Dieu, sans chercher à anticiper un statut particulier ou un privilège divin.

Un modèle pour les vierges : Les vierges consacrées, selon Augustin, doivent imiter l’humilité de Marie, qui n’a jamais utilisé sa virginité ou sa maternité divine comme prétexte à l’orgueil.


Conclusion

Marie, pour Saint Augustin, est le modèle parfait de virginité et de maternité. Par sa virginité choisie librement et son acceptation humble du plan divin, elle dépasse tous les états de vie ordinaires. En même temps, elle devient une source d’inspiration pour les vierges consacrées et pour l’Église entière. Sa maternité physique du Christ est le reflet de sa maternité spirituelle envers tous les croyants, faisant d’elle une figure universelle dans l’économie du salut. Enfin, son humilité profonde est un rappel constant que la grandeur spirituelle découle toujours d’une soumission totale à la volonté de Dieu.

7. Exhortations et implications pratiques

Dans De la sainte virginité, Saint Augustin ne se limite pas à l’exaltation théologique de la virginité, mais il s’adresse directement aux vierges consacrées pour les encourager et leur offrir des conseils pratiques. Il les exhorte à préserver leur vocation dans l’humilité et la constance, tout en respectant les autres états de vie comme le mariage. Ces exhortations montrent qu’Augustin perçoit la virginité non seulement comme un idéal spirituel, mais aussi comme un engagement concret, marqué par des défis, des responsabilités et des vertus à cultiver.


7.1. Encouragements aux vierges : persévérance et vigilance

Saint Augustin commence par inviter les vierges consacrées à vivre pleinement leur vocation, sans crainte ni orgueil, en maintenant une discipline intérieure et extérieure.

Persévérer jusqu’à la fin :« Courage donc, enfants de Dieu, jeunes gens et jeunes filles, hommes et femmes vierges ; persévérez jusqu’à la fin » (Chapitre XXVII).

Par ces mots, Augustin rappelle que la virginité n’est pas seulement un état, mais un chemin qui nécessite une persévérance constante face aux tentations et aux distractions du monde.

Veiller avec foi et dévotion :« Les reins ceints et la lampe allumée, attendez le Seigneur à son retour des noces » (Chapitre XXVII, citant Luc 12, 35-36).

Cette exhortation biblique montre que la virginité doit être vécue dans une attente active de la venue du Christ, où chaque vierge se prépare comme une épouse spirituelle à l’union avec le Sauveur.


7.2. Préserver l’humilité dans la vocation virginale

L’une des préoccupations majeures d’Augustin est que les vierges consacrées évitent l’orgueil, qui pourrait les détourner de leur véritable objectif spirituel.

Garder l’humilité :« Nous devons exalter la virginité pour la faire aimer, mais aussi lui donner des conseils pour l’empêcher de s’élever » (Chapitre I).

Cette mise en garde souligne qu’il est facile pour les vierges de succomber à la tentation de se croire supérieures aux mariés, alors que leur vocation doit être marquée par la modestie.

Un don de Dieu et non une source d’orgueil :« Qu’elles repoussent tout sentiment d’orgueil » (Chapitre I).

Augustin insiste sur le fait que la virginité est un don gratuit de Dieu, et non le fruit des mérites personnels. Elle ne doit donc pas conduire au mépris des autres, mais à une reconnaissance humble de la grâce divine.


7.3. Message aux mariés : respect mutuel et complémentarité

Bien qu’il valorise la virginité, Augustin adresse également des paroles aux mariés, en leur rappelant que leur état de vie est bon et digne, bien qu’il soit inférieur à celui des vierges.

Reconnaissance de la valeur du mariage :« Celui qui marie sa fille fait bien, mais celui qui ne la marie pas fait encore mieux » (Chapitre XVIII).

Augustin reconnaît que le mariage est une institution divine légitime et nécessaire, mais il invite les mariés à admirer la vocation virginale comme un bien supérieur.

Les mariés comme coopérateurs :« Malgré le mariage, on ne saurait naître avec la sainte virginité » (Chapitre X).

Par cette phrase, il montre que les mariages sont indispensables pour donner naissance à ceux qui pourront choisir la virginité consacrée. Il établit ainsi une complémentarité entre les deux états de vie.


7.4. La virginité : une vocation orientée vers Dieu

Augustin rappelle aux vierges que leur vocation n’est pas pour elles-mêmes, mais qu’elle est une offrande faite à Dieu. Cette orientation divine exige de cultiver une relation intime avec le Christ.

Une offrande totale :« La virginité conserve son intégrité pour en faire honneur au Créateur de l’âme et de la chair » (Chapitre VIII).

La virginité n’est pas un but en soi, mais un moyen de glorifier Dieu par une vie entièrement consacrée à Lui.

Imiter le Christ :« Jésus-Christ a souffert pour nous, nous donnant l’exemple, afin que nous marchions sur ses traces » (Chapitre XXVII, citant 1 Pierre 2, 21).

Les vierges sont appelées à suivre le Christ dans son sacrifice et sa pureté, en vivant leur vocation comme une imitation directe du Sauveur.


7.5. Les récompenses célestes pour les vierges

Augustin conclut ses exhortations en rappelant les promesses faites aux vierges dans la vie éternelle. Ces récompenses sont uniques et témoignent de l’excellence de leur vocation.

Un cantique réservé aux vierges :« Vous seuls pourrez chanter ce cantique » (Chapitre XXVII, citant Apocalypse 14, 4).

Les vierges auront un rôle particulier dans le Royaume des cieux, exprimé par un cantique exclusif qui témoigne de leur proximité avec le Christ.

Un nom éternel :« Je leur donnerai un nom éternel qui ne leur fera jamais défaut » (Chapitre XXV, citant Isaïe 56, 5).

Ce nom symbolise la gloire unique réservée aux vierges dans l’éternité, une reconnaissance éternelle de leur choix spirituel.

Suivre l’Agneau partout où il va :« Vous suivez l’Agneau partout où il va » (Chapitre XXVII, citant Apocalypse 14, 4).

Cette promesse montre que les vierges ont un lien particulier avec le Christ, qu’elles imitent dans leur pureté et leur dévotion.


Conclusion

Les exhortations de Saint Augustin mettent en lumière les exigences et les responsabilités de la vocation virginale. Il encourage les vierges consacrées à persévérer dans leur engagement, en évitant l’orgueil et en orientant leur vie vers Dieu. En même temps, il insiste sur le respect mutuel entre les vierges et les mariés, qui coopèrent à l’accomplissement du plan divin. Enfin, Augustin promet aux vierges des récompenses célestes uniques, qui reflètent la grandeur spirituelle de leur vocation. Ces exhortations pratiques donnent à la virginité une dimension concrète et accessible, tout en l’élevant comme un idéal suprême dans la foi chrétienne.

Conclusion : La virginité selon Saint Augustin, un idéal théologique et spirituel

Dans De la sainte virginité, Saint Augustin offre une vision riche et équilibrée de la virginité consacrée, en la présentant comme un idéal spirituel d’une immense valeur dans le christianisme. À travers son argumentation théologique, ses exhortations pratiques et ses références bibliques, il défend la virginité comme une vocation librement choisie, une offrande faite à Dieu, et une anticipation de la vie céleste.

1. Une vocation supérieure, mais non exclusive

Augustin établit une hiérarchie des états de vie : le mariage est bon, mais la virginité est meilleure. Cependant, il ne méprise pas le mariage, qu’il considère comme une institution divine nécessaire à la perpétuation de l’humanité. En exaltant la virginité, il rappelle qu’elle n’est pas un précepte imposé, mais une voie d’excellence offerte à ceux qui en ont la capacité :

« Celui qui marie sa fille fait bien, mais celui qui ne la marie pas fait encore mieux » (Chapitre XVIII).

Cette distinction met en lumière la complémentarité des deux états de vie, chacun ayant sa place dans le plan divin.

2. Marie, le modèle parfait de virginité

Marie occupe une place centrale dans la réflexion d’Augustin, car elle incarne de manière unique l’union entre virginité et maternité. Par son choix libre, son humilité et sa foi, elle devient un modèle pour les vierges consacrées et l’Église elle-même. Sa maternité spirituelle s’étend à tous les croyants :

« Marie fut plus heureuse en recevant la foi de Jésus-Christ qu’en enfantant sa chair » (Chapitre III).

Cette affirmation souligne que la grandeur de Marie réside avant tout dans sa foi et son engagement spirituel, au-delà de sa maternité corporelle.

3. Une pureté corporelle et spirituelle

La virginité, selon Augustin, ne se limite pas à l’intégrité corporelle, mais exige une pureté d’âme et un engagement total envers Dieu. Elle est une imitation du Christ et des anges, une anticipation de la gloire céleste :

« L’intégrité virginale, la continence absolue et l’incorruptibilité perpétuelle dans une chair corruptible, nous élèvent à la dignité des anges » (Chapitre XIII).

Ainsi, la virginité devient une manière de transcender les préoccupations terrestres pour se consacrer pleinement à la vie spirituelle.

4. Une vocation orientée vers Dieu et les autres

La virginité n’est pas une fin en soi, mais un moyen de se rapprocher de Dieu et de servir les autres. Les vierges consacrées participent à la fécondité spirituelle de l’Église, en engendrant des âmes pour le Royaume des cieux :

« En accomplissant la volonté du Père céleste, elles deviennent réellement avec Marie, mères de Jésus-Christ » (Chapitre V).

Cette maternité spirituelle illustre que la virginité n’est pas stérile, mais qu’elle produit des fruits éternels par l’évangélisation et la prière.

5. Une récompense unique dans l’éternité

Saint Augustin promet des récompenses célestes spécifiques aux vierges, soulignant qu’elles jouiront d’une gloire particulière dans le Royaume des cieux. Elles seront distinguées par un lien unique avec le Christ, symbolisé par un cantique exclusif :

« Vous seuls pourrez chanter ce cantique […] Vous suivez l’Agneau partout où il va » (Chapitre XXVII, citant Apocalypse 14, 4).

Ces promesses montrent que la virginité est un état qui dépasse la vie terrestre pour s’inscrire dans la perspective de l’éternité.


Synthèse finale

Pour Saint Augustin, la virginité est une vocation sublime, mais exigeante, qui appelle à l’humilité, à la persévérance et à une dévotion totale. Elle représente une imitation du Christ et une anticipation de la vie angélique, tout en offrant une fécondité spirituelle au service de l’Église. En exaltant la virginité, Augustin ne condamne pas le mariage, mais propose une vision équilibrée où chaque état de vie trouve sa place dans le dessein de Dieu. Enfin, par son enseignement, il invite les vierges consacrées à vivre leur vocation comme une offrande joyeuse et libre, dans l’attente des récompenses éternelles promises par le Christ.


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