Nous conservons cet article pour offrir une première approche rapide du concept. Pour approfondir, nous vous recommandons ces deux articles, fondés sur les recherches d’Ignace de la Potterie :
- Kεχαριτωμένη (Lc 1, 28) : Étude philologique et théologique d’un terme clé, d’Ignace de la Potterie à l’Immaculée Conception
- « Kεχαριτωμένη » en Luc 1, 28 : Analyse philologique, exégétique, théologique et œcuménique selon Ignace de la Potterie
Je souhaite, en préambule, présenter mes excuses pour d’éventuelles redondances que pourrait contenir cet article. Celles-ci résultent du fait que les erreurs relatives à la Vierge Marie, fréquemment relayées dans certains milieux protestants, sont souvent reprises sous des formes similaires par diverses sources. Par ailleurs, si certains développements peuvent sembler critiques à l’égard du protestantisme, je tiens à préciser qu’aucune intention polémique n’anime cette démarche. Mon objectif est exclusivement d’apporter des éclaircissements fondés et objectifs sur des points de doctrine souvent mal compris.
Les interprétations erronées fréquentes de Luc 1, 28
Comme nous l’avons vu dans un précédent article, κεχαριτωμενη ou kecharitōmĕnē est un participe parfait passif.
Jetons maintenant un coup d’œil à ce que les réformateurs disent à propos de ce verset.
Matthiew Henry, commentaire de Lc 1, 28 :
Nous avons dans ce texte, un récit relatif à la mère de notre Seigneur ; bien que nous ne devions pas lui adresser de prières, nous pouvons cependant louer Dieu, à son sujet.
Christ devait naître d’une façon miraculeuse. Les propos de l’ange signifiaient simplement : je te salue, toi qui as été spécialement choisie et favorisée par le Très-Haut, toi qui va recevoir un honneur que toutes les mères juives ont si longtemps désiré !
Matthiew Henry interprète les propos de l’ange Gabriel comme une reconnaissance de Marie en tant que bénéficiaire d’une « faveur spéciale« . Cependant, cette traduction affaiblit considérablement la portée du terme κεχαριτωμένη. En négligeant son caractère parfait passif, Henry omet de souligner que cette grâce n’est pas ponctuelle, mais un état permanent résultant d’une action divine passée. Les grammaires bibliques s’accordent pour dire que le parfait passif exprime une action totalement accomplie, avec des effets durables :
- Pierre Létourneau : « Le parfait grec exprime une action totalement achevée dans le passé, dont les effets perdurent dans le présent.«
- Herbert Weir Smyth : « Le parfait dénote une action complète avec un résultat permanent.«
La lecture de Matthiew Henry réduit donc κεχαριτωμένη à une faveur liée à la maternité future de Marie, ce qui est une faute de sens ignorant sa portée théologique plus étendue dans le passé.
Une critique philologique de « gratia cumulata »
Commentaire biblique de la chaire :
Salut, tu es très favorisé. La pléna gratie de la Vulgate, a déclaré et chanté si souvent dans le célèbre Hymn de la Vierge, est un rendu inexact. Plutôt, « Gratia Cumulata », comme cela a été bien rendu. « Ayant été très gracié (par Dieu) » est la traduction littérale du mot grec. Art béni que vous parmi les femmes. Ces mots doivent être frappés; ils n’existent pas dans les autorités plus âgées.
La signification du parfait passif dans κεχαριτωμένη
Le commentaire suggère que le terme κεχαριτωμένη pourrait être traduit par « ayant été très graciée« , ce qui, selon lui, reflète une « grâce accumulée« . Toutefois, cette traduction est problématique à plusieurs niveaux :
- Le parfait passif en grec ne désigne pas une accumulation progressive, mais une action complète et achevée avec des effets durables.
- La forme passive met l’accent sur l’action de Dieu en Marie, sans indication d’un processus graduel.
L’omission du vocatif
Le commentaire omet un élément grammatical crucial : le vocatif utilisé dans κεχαριτωμένη. En désignant Marie comme « pleine de grâce », l’ange Gabriel confère à cette grâce une qualité ontologique : elle fait partie intégrante de son identité.
Le vocatif de Luc 1,28 ne décrit pas simplement une action passée, mais une identification directe : Marie est appelée et reconnue comme celle qui est pleine de grâce.
Cette omission du vocatif affaiblit l’interprétation du commentaire, car elle néglige l’aspect fondamental de l’état de grâce de Marie, qui transcende une simple accumulation de bénédictions.
Bible Annotée :
Grec : toi qui es graciée, qui es l’objet de la grâce, de la faveur de Dieu.
C’est le même mot qui est appliqué à tous les croyants, Éphésiens 1.6, où quelques versions le rendent par : « il nous a reçus en grâce », d’autres : « rendus agréables en son bien-aimé ».
Ce sens est sans aucun doute applicable à Marie, qui, comme tous les hommes, ne pouvait être sauvée que par grâce ; mais on peut admettre que l’ange lui promettait en ces termes la grande bénédiction spéciale qui allait lui être accordée (comparer verset 30).
C’est pourquoi l’ange ajoute : le Seigneur est avec toi.
Une lecture insuffisante de Luc 1,28
La Bible Annotée, dans son commentaire de Luc 1,28, propose une lecture du terme κεχαριτωμένη centrée sur l’idée de Marie comme « graciée« , ou « objet de la grâce et de la faveur de Dieu« . Ce commentaire suggère que cette expression peut également s’appliquer aux croyants mentionnés en Éphésiens 1,6. Cette lecture cherche à établir un parallèle entre la grâce accordée à Marie et celle reçue par l’ensemble des fidèles, tout en minimisant l’unicité de la grâce mariale. Cependant, cette interprétation, bien qu’intéressante, manque de prendre en compte les spécificités philologiques et théologiques de ce passage, et ne reflète pas pleinement la portée unique de l’état de grâce accordé à Marie.
1. Les limites de la traduction proposée
- Une compréhension incomplète du parfait passif
La Bible Annotée traduit κεχαριτωμένη par « toi qui es graciée, qui es l’objet de la grâce, de la faveur de Dieu« , une expression qui ne rend pas complètement justice à la spécificité grammaticale du terme. En grec, le parfait passif exprime une action achevée dans le passé, dont les effets durent dans le présent. Ainsi, κεχαριτωμένη ne décrit pas une grâce ponctuelle ou transitoire, mais un état permanent et immuable, pleinement accompli avant même l’intervention de l’ange Gabriel.
La traduction proposée, en insistant sur une grâce liée à la maternité de Marie, réduit l’état de grâce décrit à une action temporelle, alors que le texte grec met en avant une grâce parfaite et achevée, liée à l’identité même de Marie.
- L’omission de l’aspect identitaire du vocatif
Le texte grec utilise le vocatif pour interpeller Marie en tant que « pleine de grâce« . Cette forme grammaticale souligne non seulement un état de grâce, mais confère à Marie une identité intrinsèquement liée à cette grâce divine. En minimisant cet aspect, la Bible Annotée passe à côté de la portée théologique de cette salutation, qui établit Marie comme unique en son genre, rendue pleinement gracieuse par une action divine exceptionnelle.
2. Une comparaison insuffisante avec Éphésiens 1,6
- Différences grammaticales entre Luc et Éphésiens
La Bible Annotée établit un parallèle entre κεχαριτωμένη en Luc 1,28 et ἐχαρίτωσεν en Éphésiens 1,6. Cependant, ces deux formes verbales, bien qu’étymologiquement liées, présentent des différences significatives. En Luc, le parfait passif met l’accent sur un état permanent de grâce pleinement accompli, alors qu’en Éphésiens, l’aoriste actif décrit une action ponctuelle réalisée par le Christ en faveur des croyants. Assimiler les deux dilue l’unicité de la grâce décrite en Luc 1,28.
- Une distinction essentielle entre grâce préventive et participative
En Éphésiens, la grâce mentionnée est participative : elle est accordée aux croyants à travers leur union avec le Christ. En revanche, la grâce de Marie est préventive : elle est préservée du péché originel dès sa conception, en vue de son rôle unique dans l’histoire du salut. Cette distinction est cruciale pour comprendre l’unicité de l’état de grâce décrit en Luc 1,28, et elle est négligée dans le commentaire de la Bible Annotée.
3. L’implication théologique de la grâce mariale
- Marie comme prototype de l’Église
En omettant de reconnaître l’unicité de la grâce de Marie, la Bible Annotée passe à côté de son rôle typologique. Marie, en tant que première bénéficiaire de la grâce plénière de Dieu, est un prototype de l’Église immaculée, appelée à être « sans tache, ni ride« . Cette typologie établit un lien direct entre Luc 1,28 et Éphésiens 5,25-27, où l’Église est décrite comme sanctifiée par le Christ.
- Une lecture qui limite le rôle de Marie
En insistant sur l’idée que la grâce mentionnée en Luc 1,28 est applicable à tous les croyants, la Bible Annotée réduit le rôle de Marie à celui d’un modèle parmi d’autres, sans reconnaître sa place unique dans l’économie du salut. Cette lecture occulte également son rôle en tant que Mère de l’Église et prototype de la nouvelle humanité réconciliée avec Dieu.
- Conclusion : Une lecture réductrice
La Bible Annotée propose une interprétation intéressante de Luc 1,28, mais souffre de plusieurs limites :
- Elle ne prend pas en compte la spécificité du parfait passif en grec, qui exprime un état permanent et achevé.
- Elle assimile la grâce unique de Marie à celle accordée aux croyants en Éphésiens 1,6, en négligeant les différences grammaticales et théologiques fondamentales entre les deux passages.
- Elle ne met pas en lumière le rôle typologique de Marie en tant que prototype de l’Église et Mère spirituelle des croyants.
En résumé, Luc 1,28 ne décrit pas simplement une grâce comparable à celle reçue par tous les croyants, mais met en avant un état unique et permanent de grâce, qui trouve sa pleine expression dans la doctrine de l’Immaculée Conception. Ce passage, loin d’être universalisé, souligne la singularité de Marie dans le plan salvifique de Dieu.
Et Calvin ?

« Salut, toi qui as obtenu la faveur La commission de l’ange étant d’une étonnante et presque description incroyable, il l’ouvre par une louange de la grâce de Dieu. Et certainement, puisque nos capacités limitées admettent une portion trop mince de connaissances pour comprendre l’immense grandeur des œuvres de Dieu, notre meilleur remède est de les élever à la méditation sur sa grâce sans bornes. Une conviction de la bonté divine est l’entrée de la foi, et l’ange observe correctement cet ordre, qu’après avoir préparé le cœur de la vierge par la méditation sur la grâce de Dieu, il peut l’élargir pour recevoir un mystère incompréhensible. Pour le participe κεχαριτωμένη, qu’emploie Luc, dénote la faveur imméritée de Dieu. Cela apparaît plus clairement de l’Épître aux Éphésiens, (Éphésiens 1, 6,) où, en parlant de notre réconciliation avec Dieu, Paul dit, Dieu » nous a fait accepter (ἐχαρίτωσεν) dans le Bien-Aimé: » c’est-à-dire qu’il a reçu en sa faveur, et embrassés avec bonté, nous qui étions autrefois ses ennemis. »
Les interprétations protestantes du passage de Luc 1,28 tendent à privilégier le concept de « faveur » plutôt que d’examiner pleinement l’œuvre de la grâce, comme le sous-entend le verbe causatif charitoō. Cette préférence semble s’aligner sur une théologie de l’élection, bien que le texte de Luc ne fasse aucune mention explicite d’un tel concept. Une critique de cette approche révèle une tendance, chez Calvin notamment, à simplifier la complexité philologique et théologique du passage dans une visée pastorale, orientant ainsi son lecteur vers une interprétation qui s’écarte subtilement du texte.
Lorsque Calvin affirme que « l’ange a préparé le cœur de la Vierge Marie par la médiation de la grâce de Dieu », il pose une lecture discutable. Cette affirmation repose-t-elle réellement sur des indices textuels solides ? Une analyse approfondie montre qu’il détourne la signification du participe parfait passif κεχαριτωμένη. Le verbe charitoō, un verbe causatif, indique que c’est Dieu lui-même qui rend gracieuse la Vierge Marie, et non une action de l’ange. Ce verbe, utilisé également en Éphésiens 1,6, souligne une causalité divine exclusive. Ainsi, en Luc 1,28, Marie est décrite comme ayant été pleinement rendue gracieuse par Dieu, un état qui persiste au moment où l’ange s’adresse à elle.
Le rôle du parfait passif : un effet permanent
L’emploi du parfait passif en κεχαριτωμένη est central à l’interprétation. Grammaticalement, le parfait exprime une action achevée dans le passé dont les effets persistent dans le présent. Cela signifie que l’état de grâce de Marie n’est pas un événement transitoire ou un processus progressif, mais une réalité pleinement accomplie qui demeure. Contrairement à l’interprétation calviniste, il ne s’agit pas ici d’une « préparation » effectuée par l’ange dans un intervalle temporel. L’ange se limite à constater et à proclamer cet état de grâce déjà établi par Dieu.
Un parallèle avec Luc 6,40, où un autre participe parfait passif est employé, peut renforcer cette lecture. Dans ce passage, le terme « accompli » (κατηρτισμένος) décrit l’état du disciple ayant atteint sa pleine maturation spirituelle. Ce processus, long et abouti, ne se résume pas à une transformation instantanée. De la même manière, κεχαριτωμένη en Luc 1,28 indique un état permanent et pleinement réalisé, et non une intervention divine ou angélique au moment précis de l’Annonciation.
Une critique de l’usage d’Éphésiens 1,6
Calvin appuie son interprétation en citant Éphésiens 1,6, mais cette utilisation soulève également des objections. Il traduit ἐχαρίτωσεν comme « nous a fait accepter dans le Bien-Aimé », une lecture qui détourne le sens causatif du verbe charitoō. Correctement traduit, ce verbe à l’aoriste actif signifie plutôt « il nous a rendus gracieux dans le Fils bien-aimé ». Cette action, bien que ponctuelle, implique une transformation opérée par le Christ et liée à la régénération des croyants. De plus, le contexte immédiat d’Éphésiens 1,4 évoque une sanctification des élus pour qu’ils soient « saints et immaculés devant lui », et non simplement « acceptés ». Cette nuance est essentielle pour comprendre la portée du terme charitoō dans les deux passages.
Une réinterprétation théologique
L’interprétation calviniste de Luc 1,28 minimise ainsi le rôle exclusif de Dieu dans l’acte de rendre Marie gracieuse. Loin d’être une préparation de cœur facilitée par l’ange, comme Calvin le suggère, la salutation de l’ange proclame un état déjà pleinement établi. La « réjouissance » de Marie découle de cette réalité, non comme une réaction à une grâce nouvellement reçue, mais comme une reconnaissance de l’œuvre divine déjà accomplie en elle.
Par ailleurs, l’emploi de charitoō dans Éphésiens 1,6 confirme cette causalité divine. Ce verbe, bien que conjugué différemment (aoriste actif vs parfait passif), souligne dans les deux cas l’intervention exclusive de Dieu pour transformer ou rendre gracieuse une personne ou un groupe. En Luc, cette transformation est appliquée à Marie de manière unique et permanente, en vue de sa mission comme Mère de Dieu.
Conclusion
Calvin semble ici privilégier une lecture pastorale, simplifiant les subtilités philologiques et théologiques pour servir une perspective réformée. Toutefois, une analyse minutieuse du texte grec, notamment de κεχαριτωμένη, montre que l’état de grâce de Marie est directement attribué à Dieu, sans intervention médiatrice de l’ange. L’interprétation de Calvin, bien qu’influente, dévie du sens philologique et théologique du texte en cherchant à concilier des éléments qui ne sont pas présents dans le passage. Une lecture fidèle au texte souligne l’œuvre causative de Dieu en Marie et la permanence de cette grâce, en parfaite harmonie avec le contexte d’Éphésiens 1,6.
Est-il pertinent de remplacer « rendre gracieux » par « favoriser » dans la traduction ?
Reformulation analytique
La possibilité de remplacer « rendre gracieux » par « favoriser » dans la traduction de charitoō en Luc 1,28 soulève des enjeux théologiques et herméneutiques majeurs, qui méritent une analyse approfondie.
Signification du verbe causatif charitoō et son rôle théologique
Le verbe charitoō, dans sa forme causative, indique une action divine active qui transforme la personne concernée, en l’occurrence Marie. Cette transformation dépasse l’idée d’une simple reconnaissance ou d’un acte arbitraire de faveur divine. L’expression « rendre gracieux » rend compte d’un processus dynamique et continu par lequel Marie, dès sa conception, est façonnée par la grâce en vue de sa mission unique dans le plan du salut. Cette perspective théologique est en harmonie avec la compréhension catholique de la grâce sanctifiante, un état établi de manière permanente par Dieu dans la vie de Marie.
Si l’on se contente de traduire charitoō par « favoriser », on limite cette action divine à une simple préférence ou élection. Or, le texte de Luc 1,28, notamment par l’usage du parfait passif κεχαριτωμένη, met en avant un état accompli et persistant, fruit d’une intervention directe de Dieu. Cette nuance est essentielle pour saisir la profondeur de la grâce divine opérant dans la vie de Marie, qui n’est pas simplement choisie, mais transformée et sanctifiée.
Différences entre « favoriser » et « rendre gracieux »
Le choix terminologique entre « favoriser » et « rendre gracieux » reflète des divergences théologiques fondamentales. « Favoriser » pourrait suggérer une action ponctuelle ou une distinction arbitraire, sans impliquer nécessairement un changement intrinsèque dans la personne concernée. En revanche, « rendre gracieux » exprime une action divine ayant des conséquences durables et transformantes. Cela est particulièrement pertinent dans le contexte marial, où la doctrine catholique affirme que Marie a été préservée du péché originel et sanctifiée dès sa conception.
Comparaison avec Éphésiens 1,6
L’analyse du verbe charitoō en Éphésiens 1,6 apporte une perspective éclairante. Dans ce passage, le verbe, conjugué à l’aoriste actif (ἐχαρίτωσεν), met l’accent sur une action ponctuelle du Christ en faveur des croyants, les rendant « gracieux » en vertu de son sacrifice. En revanche, en Luc 1,28, le parfait passif κεχαριτωμένη souligne un état permanent et pleinement accompli, attribuable à une action préemptive de Dieu. Cette distinction grammaticale et théologique renforce l’idée que le terme « rendre gracieux » est plus conforme à l’intention du texte que « favoriser », qui ne capture pas la profondeur du processus transformateur.
Contexte élargi des Écritures
Enfin, une analyse contextuelle des Écritures montre que le concept de grâce dépasse largement une simple faveur divine. En Éphésiens 1,4-6, la grâce divine inclut la sanctification et la transformation en vue de la sainteté et de l’immaculée. Cette perspective, cohérente avec la compréhension catholique de la grâce, s’applique également à Marie. Traduire charitoō par « favoriser » risque de réduire cette réalité théologique, en affaiblissant l’idée de sanctification et de préparation divine unique.
Conclusion
La traduction de charitoō en Luc 1,28 a des implications significatives pour la compréhension de la grâce divine et du rôle de Marie. Alors que « favoriser » pourrait être perçu comme une alternative accessible, il ne capture pas la richesse théologique et transformationnelle du verbe causatif. Une traduction qui met l’accent sur « rendre gracieux » reflète non seulement l’intention du texte grec, mais aussi le rôle central de la grâce dans la vie de Marie, en harmonie avec le contexte plus large des Écritures et avec la doctrine chrétienne.
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8 commentaires sur “Erreurs du protestantisme et malentendus catholiques à propos de Lc 1, 28”